Texte Libre

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Nouveaux articles, toutes les rubriques où (archives à peine poussiereuses ) sur votre droite. Bonne lecture à tous !!!

Tout le monde connait l'expression, et tout le monde l'a faite sienne à loisir , selon laquelle les extrêmes se rejoignent. Simple question de tolérance. C'est bien connu alors on passe à la suivante, expression complémentaire de la première et fonction de laquelle ce qui se ressemble s'assemble, lui aussi. Comme ça les uns et les autres sont contents, ceux qui se resemblent tout comme ceux qui s'assemblent en dépit des apparences. et tous confondus dans de grands ensembles de béton où plus personne ne vit ensemble. Les grands blocs HLM de l'architecture trop moderne en témoignent, caissons de résonnance surdimentionnés moins accoustiques que le gothique, et de beaucoup empreints d'une mixité sociale trés redevable à une activité sexuelle assidue. Cages à poules cages à lapins, sinon rien, rien de plus mixte que ces "machines à habiter" selon les propres termes du Corbusier. Il semblerait qu'on fasse des gosses comme on fait du béton, voués à durcir et cloisonner la cohabitation, parce que faudrait quand même pas exagérer du côté de la mixité, si les sexes se rejoignent en dépit des apparences, les classes sociales antagonales ne s'assemblent qu'à distance. Dans ce bas monde où deux dimensions peuvent amplement suffir, l'ascenceur social monte à plat, et prendre de la hauteur est une gageure, à l'instar de ce que peuvent  dissimuler les fameux "Immeubles Haussmann" dont l'esthétique fige l'élégance spacieuse des grands boulevards parisiens. Au moins, du temps du baron Haussmann, les architectes savaient y faire pour concilier les extrêmes, toujours en dépit des apparences. Mais ce qui confère à la mitoyenneté des bâtiments haussmanniens l'impression équivoque d'une vue d'ensemble cache en réalité, derrière la perspective de ses hautes façades, l'isolation catégorique et catégorielle des gens, allant de la plus petite à la plus grosse extraction. Un peu selon le principe du Métropolitain revenu à la classe unique, et qui depuis permet à n'importe qui d'endurer la proximité de la deuxième classe au tarif de la première, les façades de l'immobilisme haussmannien ont ceci d'uniforme qu'elles répondent aux lois de la perspective et de l'image. En bas, au rez de chaussée, tout prés de l'oeil  badaud, de plus en plus souvent des stocks en vitrine et à perte de vue, le pognon a pignon sur rue. Aux étages qui y font immédiatement  suite, de hautes fenêtres appareillées, même vues d'en bas elle sont de la taille XXL, invitant au faux-semblant ou à la transparence du luxe et de la réussite sociale. Un peu plus haut, l'alignement des vitres semble les rapprocher, les rétrécir à la taille M comme moite-moite, sans doute une illusion d'optique due à l'altitude, l'air se raréfie et l'air chaud ne monte pas toujours, il suffit pour s'en apercevoir d'atteindre  le sommet de l'Everest. Plus haut encore ? Hélas l'endroit est fatidique et l'ascenceur ne va pas plus loin. Pour ensuite escalader les cimes de la cohabitation, il suffit d'empreinter un petit escalier tortueux, jusque sous les combles et les "chambres de bonnes", celles qui redescendaient si souvent pour faire le ménage et laver les vitres interminables. Si bien que  vu du dehors, en déambulant sur les trottoirs des grands boulevards parisiens, quand la lueur d'une chambre de bonne est comme un feux qui s'étiole, S dans la perspective d'une mixité sociale un peu trop cavalière ?       

Par jean louis
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Au sujet d'un français qui foutrait le camp,  je ne révise pas ici le procés de tel ou tel évadé fiscal dont l'exil relève du droit au bonheur usurpé, mais le français en tant que langue porteuse et génitrice "in vivo" des idéaux de la Révolution, serait selon certaines sources statistiques atteint d'un mal incurable que les poètes appelleraient le "désamour". Il paraît que le français ne fait plus recette, plus d'adeptes dans le restant du monde. Qu'on se rassure cependant, la langue de Molière trés prisée dans toute l'Europe du XVIII° siècle n'est pas franchement moribonde, le diagnostique vital n'est pas engagé, celui de l'extinction de voix non plus, mais tandis que le français se complaît dans sa vocation d'éternel râleur, sa réputation de grande gueule donneuse de leçons a fini de lasser les longues oreilles planétaires. Le français epistolier de la Révolution, ça va bien cinq minutes, quant au français rabâcheur, et défonceur de portes ouvertement narcissiques, celui-là paie chèrement son courrier international, d'autant plus coûteux en timbres qu'il lui est souvent fait en guise de réponse lettre morte. A qui la faute, à l'expéditeur, au destinataire, qui sait ? Toujours est-il que les experts en linguistique et autres grammairiens, en voulant remédier aux maux dits ou mal écrits, ne font que révéler de cet iceberg d'un verbe à la dérive la partie émergée, celle que tout le monde connaît à peu prés, à peu prés comme si le Titanic avait coulé en cherchant à grimper sur le sien, d'iceberg. Hélas, quelques grammairiens se prenant pour des brise-glaces incorruptibles ne pourront endiguer le déluge de textos et de fottes d'ortograf qui ne manquent pas toujours de sincérité. D'ailleurs qu'est-ce qu'un mot mal écrit honnêtement, comparé à la gravité des racontars politiciens ou propagandistes, entendus jour aprés jour et dont la crédibilité ne tient qu'à beaucoup d'éloquence et à la compromission du bon français dans son emploi à fabriquer des slogans pour abrutir les masses ?

 

Avant de disparaître, une langue morte est une langue qui a longtemps déçu. Et plutôt que d'attendre de nos bons grammairiens une floppée de corrections motivées par une nostalgie trompeuse, il vaudrait mieux se souvenir qu'avant, quand c'était mieux, le franc-parler y était pour quelque chose, et pour longtemps.

 

Je franchis, tu franchis, il franchit, nous nous affranchissons, et seulement aprés les grammairiens francisent.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    

Par jean louis
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De 18 à 20 ans, j'étais vendeur dans une grande surface spécialisée dans le matériel de sport, et dont l'enseigne a disparu depuis. Dodécathlon ça s'appelait, parce que dix sports, ça va, mais douze, bonjour  les dégâts. J'étais assigné au rayon "Cycles", grâce à mon expérience, bien qu'étant idéalement jeune, de la pratique de la course cycliste. A pareille époque, je connaissais un camarade croisé lors de quelques échappées héroïques, et plus souvent rencontré dans le grupetto des largués. Ce qui nous permettait de converser sans trop nous faire de bile au sujet de la course du peloton effréné. Chez Dodécathlon, y avait tout ce qui fallait. En tant qu'amoureux de la petite reine, j'en connaissais évidemment un rayon, mais pas les autres, Chasse et Pêche, Tennis, Sports d'Hiver, même sports d'hier, y avait, le démodé faisant la mode du lendemain. Et je vendais comme un con, sous la pression de mon directeur, pas de conscience, mais de vente, douze bicyclettes de merde au lieu de cinq ou six petites reines sans maquillage, tandis que mon camarade d'échappées, lui, venait juste d'ouvrir un petit magazin, de "cycles" ça va sans dire, qui lui permettait tout juste de survivre, mais sans être pris pour un con. Parce qu'être pris pour un con en tant qu'employé d'une grande surface, ça va aussi sans dire. Tout les soirs avant la fermeture du trop grand magazin, le directeur de surface réunissait  les vendeurs de chaque rayon autour de la caisse enregistreuse, et nous prenait de plus en plus pour des cons en exigeant de nous un chiffre d'affaire toujours supérieur à celui de la veille. Un peu comme si la caisse d'un lundi ne pouvait qu'être plus lourde que celle d'un dimance, il semblait vouloir la braquer jour aprés jour. Jusque quand cela allait-il durer ? Jusqu'à ma démission bien sûr, traumatisé par cet insensé ne jurant que par une croissance quantitative à bout de souffle, au détriment d'une qualité réputée de longue haleine. Que voulez-vous, on ne se refait pas, et si je n'ai pas toujours choppé bon coeur dans le grupetto des largués de l'existence, en tout cas je ne m'y serai pas résigné à doper l'économie de style. Et depuis, Dodécathlon a mis la clé sous la porte, ou a peut-être fusionné. Mais ce ne sont pas les grandes surfaces qui manquent. Ainsi en est-il de Castopharma, pour les bricoleurs de l'automédication, Fatfood pour les gens pressés de payer ce qu'ils mangent sur le pouce, suçons-le tant qu'on y est. Et Carelourd ?  ah Carelourd ! On y écrase tous les pris au piège, les clients et les autres. Dès lors que Carelourd a ouvert un rayon Presse, les propriétaires d'un petit  kiosque à journaux apprécieront le manque à gagner inhérent à l'amplitude de cette concurrence déloyale. Au moins, à Dodécathlon, la caisse n'était pas automatique. Il y avait une hôtesse en chair et en os, et d'autant plus mignonne que ça ne gâchait rien à l'affaire. Et je me souviens, quand le directeur exigeait son chiffre d'affaire toujours plus haut perché, aucun des vendeurs n'osait broncher en sa présence, bien qu'aucun de ces collègues n'ait été plus con que moi. Ils étaient peut-être plus résignés, et plus doués que moi pour refouler leurs nombreux griefs. Nul doute qu'un psychologue du travail déduirait doctement de tout ça la même rengaine que les curés ont toujours prêchée, à savoir que la capacité morale du refoulement sert à dominer le besoin de défoulement des mauvaises pensées. Amen. Sauf qu'il y a un hic ! et qu'il est moins amène. Car d'un point de vue purement psychologique, le refoulement équivaut à un manque d'honnêteté vis à vis de soi-même, alors que c'est principalement ce type d'honnêteté, pour autant qu'elle puisse être réfléchie, qui est la plus saine et primordiale. En dépit du fait que selon le verbiage, "toute vérité n'est pas bonne à dire" ? A d'autres ! Par politesse en effet, le "pieux mensonge" sert à ménager l'autre, l'éventuel interlocuteur qu'un excés de franc-parler pourrait interloquer. En ce sens, l'honnêteté mutuelle est redevable au pieux mensonge de bien des défoulements évités de justesse... Quand je repense à mon chef de chez Dodécathlon, à sa bonne conscience et aux pieux mensonges dont elle se promettait de taire les maux, oui, mais à d'autres ! 

Par jean louis
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Pour le peu qu'elle soit vérifiable sur le terrain politique, la démocratie donne la parole à tous. Puisse-t'elle ne jamais l'avoir achetée. La parole n'est pas un produit de consommation courante. Elle n'est pas rare non plus, mais soit elle est libre, soit elle n'a aucune valeur. Son émancipation revient à l'essentiel, au démenti. Dans un cadre réellement démocratique, le droit à la parole est universel, puisque les raisons individuelles de s'exprimer son forcément intéressées. Tandis que le débat, lui, et la confrontation des doléances multiples, n'ont pas peur du choc frontal, tant qu'il vient de gauche et contre les tentations érosives de l'égoïsme lamda. En cela le "journal" La Décroissance dont je ne fait ni la promotion, ni les louanges, est plus précisément un mensuel populaire au sens premier du terme. Il s'adresse au peuple contradictoire. La Décroissance s'appuie là où ça fait mal. Elle étaye ses galeries de glaces en plein jour. A quoi pourraient servir tant de miroirs, plongés dans l'opacité des magouilles pressivores dont, justement, un journal sans pub se dé-marque ? Quant à moi, dont le côté réflecteur de conscience répond à celui d'objecteur de croissance, je n'ai pas assez de cette dualité-là pour incarner à moi tout seul la raison pure, et simple. M'est donc arrivé de tomber en désaccord avec La Décroissance, qui à mon sens manque de virulence à propos d'un fléau que je ne prends pas pour un moulin à vent : l'explosion démographique. Car à mon avis, passer en un peu plus d'un siècle de trois à sept milliards de terriens ne peut que perpétuer une instabilté économique autodestructrice, sitôt que l'Occident prend à peine conscience des déconvenues inhérente à sa société de consommation, tandis que le tiers-monde, autrement dit les trois quarts de ce monde, commence tout juste à découvrir les avantages primitifs des pires manies consuméristes. J'ai donc, pour ma part, raison : l'instabilité économique et l'accélération des flux financiers a pour cause la croissance intrépide de la population mondiale. C'est là un point de désaccord entre "môa" et les objecteurs de croissance, lesquels militent assidument contre la croissance des injustices et des inégalités, ce qui revient en symétrie à militer pour la croissance du partage. Le partage ? Certes, j'y crois, mais que modérément cette idée de la générosité me convainc ! Il faut dire que ma confiance en la nature altruiste du genre humain est tout aussi modérée que mon instinct de conservation bien compris, à modérer lui aussi en vue de demeurer relativement sociable. Et tout bien pesé, et le curseur alentour du juste milieu imperceptible, je reste convaincu que pour que les riches ne soient pas de plus en plus riches, il ne faudrait pas que les pauvres soient de plus en plus nombreux. En cela je suis bien d'accord avec les intervenants de La Décroissance, quand ils écrivent la même chose en d'autres termes non déguisés. A leur tour, ils ont en effet raison de rappeler que le premier (économiste) à avoir dénoncé le péril démographique s'appelait Malthus, ceci pour dénommer sa théorie de la dénatalité le malthusianisme, cela pour désigner dans le petit peuple le fauteur de troubles. Car selon les inquiétudes d'ordre démographique que  Malthus énonçait, les pauvres étant les plus nombreux se reproduisent plus vite que les minorités possédantes, et représentent face à celles-ci une masse de revendiquants croissante et de plus en plus menaçante. Comme on peut alors le comprendre, le malthusianisme prône une dénatalité qui n'est pas un projet humaniste, bien au contraire, et notre petit économiste de service aurait dit au peuple ferme ta gueule, tu crèveras de faim plus vite que la bouche pleine, c'eut été plus clair et c'eut eu le mérite de suturer le débat par les voies du silence et de la démocratie qu'on mérite.

 

Mais La Décroissance nous rappelle à des fondamentaux utopistes, et nous met en garde contre les dérives malthusiennes et extrêmistes quant à l'enjeu démographique. En clair, sommes-nous assez nombreux, pour entrer en lutte contre la mondialisation et le gigantisme, ou ne le serons-nous jamais assez, tant que nous confondrons, au delà de notre quantité, densité et fluidité ? Démonstration : des milliers d'automobilistes circulant en villes, en excés de vitesse pour mieux polluer et pour payer l'essence plus cher, densifient la circulation et le bouchon. C'est tellement vrai que pour fluidifier cette même circulation, autant de milliers d'automobilistes n'auraient eu qu'à... ralentir. Et je me demande sur quel type de champignon hallucinogène la population du Heysel s'est un peu trop appesantie, pour se densifier jusqu'à l'issue fatale. Réponse : l'enjeu démographique est un étau, ou un étai.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Par jean-louis
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