" Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ", formule attribuée à Antoine Lavoisier, chimiste, né le 26 août 1743 et guillotiné le 8 mai 1794 pour des raisons personnelles, liberté de penser en première ligne. Mais quel autre personnage, dernièrement, a t'il prédit que tous les musiciens, entre autres mélomanes, se transformeraient après leur mort en vilains petits cochons ? Pour ce qui me concerne, quitte à devoir me métamorphoser et perdu pour perdu, je préfèrerais perdre la tête comme Lavoisier que comme l'autre, et à tout point de vue me transformer en Nafnaf, assurément le petit cochon le plus futé et le plus courageux, comparé à ses frères Nifnif et Noufnouf. ( Je fais référence à Nafnaf le goret, pas à la marque de vêtements pour jeunes gens, quoique le choix d'un nom judicieux pour une grande marque ne soit jamais innocent ). ( Et je vois mal une entreprise s'appeler Nifnif ou Courtepaille, quoique ). ( Ou bien dans ce cas, Noufnouf s'appellerait Dubois, lequel serait parmi les noms les plus communs dans les pages roses de l'annuaire porcin ). Mais dans l'histoire des trois petits cochons, il y a aussi la mort, le grand méchant loup dont les crocs et le souffle et le ventre rêvent que tout se transforme et se mange, se consomme, se brûle vif et se théorise, ou se terrorise. Et le grand méchant loup est nihiliste. Il se promet un monde meilleur que le nôtre, un monde meilleur qui lui tomberait tout cuit dans le bec, ou sous les kalachnikovs. Quant à Nafnaf, le bâtisseur, lui aussi est nihiliste. Il se promet de transformer ce monde qui est le nôtre. De le déconstruire pour l'améliorer. Il se promet alors de se retrousser les manches, contrairement à Nifnif et à Noufnouf. Moralité, c'est au pied du mur qu'on reconnaît les vrais... et les faux frères.