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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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Science et conscience

Débarquer au XXI° siècle pour y lire une heure qui n'est pas au bilan, mais au tic tac des religions, dont les guerres promènent encore le balancier de long en large, logiquement ça devrait nous faire rêver de perdre la clé des songes stratégiques, pour ne plus jamais remonter l'horloge des conflits.

La cruauté du réveil fait de nous des historiens trop matinaux. Et il a beau dire, je ne sais plus qui, que l'avenir appartient à ceux qui se lèvent au chant du coq, sûr que le gaulois lance son cocorico à l'aube des temps nouveaux. Le passé, que la mondialisation pousse ce volatile à abjurer, son histoire, ses révolutions, ses acquis sociaux, ce temps qu'on lui dit révolu, et que le galliforme gallican voudrait bien ignorer pour aller de l'avant, à condition que les propositions de réformes qui lui sont faites ne dissimulent pas un remède pire que le mal, en l'espèce d'un passéisme pire que la nostalgie, cet obscurantisme d'antan là, notre poids coq ne prendra pas de gants pour s'en défaire. A la fois bouture réminiscente et bouteur des imitations clandestines, le roitelet de la volaille réfute les systèmes qui sonnent le glas de ses pâques ovipares, ainsi que le bronze en cloches, quand il ne sert qu'à célébrer des fortunes faramineusement ciselées sur le dos de l'inculture intensive.

Comparé à lui, la vision des alignements d'historiens élevés en batteries peut nous donner la chair de poule, aussitôt que ce cauchemar nous révèle à notre propre séquestration végétative. Mais est-ce vraiment de la graine d'historien, ce passé qu'on nous déverse en surdose, à la cadence picorante et promue par le taylorisme, du nom glorieux de son concepteur, Taylor qui n'était pas une cloche mais assurément le messie du travail chronométré, persuadé que le rendement à outrance engendrerait de la volaille bon marché, bonjour la société de l'autoconsommation ?

Il ressort que l'épouvantail du passéisme, dressé sur les ergots du persiflage démagogique, tourne sciemment en dérision les adversaires de sa cause aliénante, en se moquant par exemple des syndicats suspectés de désirs velléitaires et populistes. Pourtant la caractéristique de ce passéisme, de cet homme de paille à deux têtes, c'est qu'en plein soleil il ne voudrait pas faire porter le chapeau à son double. L'insolation idéologique qui en découlerait ferait suer les têtes pensantes, chacune des deux voulant convaincre l'autre de passéisme. A vrai dire, tout se passe comme si les tenants du Front Populaire s'appuyaient sur les documentaires de 36, filmant une colonie de vacances à l'heure du chahut de la sieste, pour comparer ces images à celles d'autres enfants, gamins et gamines du monde entier mobilisé pour le labeur des petites mains dociles. Juste de quoi se demander qui et qui est passéiste, soit pour remonter les mécanismes de l'injustice sociale, soit pour les dénoncer. Les premiers de ceux là reprochent aux autres leur inadaptation à un "monde qui change", tandis que les seconds en déplorent le croupissement. Autrement dit les mieux adaptés le sont essentiellement aux gains à court terme, tandis que les inadaptés, les pauvres, se foutent essentiellement en guerre pour se foutre des guerres. Surtout celles de religions, surtout cet homme nommé Jésus !

Ce qu'il a dit reste à la portée de tous les poulets, sans aucune allusion spécieuse aux fonctionnaires. Quant aux autres, échappés par le rêve, ou par la force de l'exclusion, aux lois primaires de l'exploitation de l'homme par l'homme, ils ont l'envergure de l'historien véridique et authentiquement libéral, susceptibles de ventiler leur lecture en toute indépendance.

En supposant un instant que les Évangiles soient respirables, ils décontracteraient les bronches d'un asthmatique en crise. De là à dire qu'un messie a la vocation de souffler dans les nôtres (comme s'y prennent les petits chefs sous la contrainte d'une hiérarchie culpabilisatrice), à chacun son loisir de le savoir en voulant bien comparer les odeurs d'une batterie de chapons avec le grand air plus digne du galliforme gallican.

Par définition, une religion est toujours le passé d'un messie, parce qu'elle est à sa foi ce que la batterie est au poulet. Nous en voulons pour preuve les propos tenus par le Christ en personne à l'adresse de ses apôtres, les proches et les prochains : "Qui ne croit pas au Père sera pardonné, Qui ne croit pas au Fils sera pardonné, Qui ne croit pas à l'Esprit Saint sera en abomination."

Au su de cette de cette assertion ayant valeur de loi trinitaire, l'historien qui se lève à l'aube d'un monde nouveau remonte le temps sans toucher aux horloges. Il a non seulement le droit, mais les facultés de douter. Les pleins pouvoirs lui sont confiés de déconstruire sa religion avant de faire corps avec ses fondations édifiantes. A savoir que le Christ, en tant que porte-parole et incarnation du pardon, ne pouvait mathématiquement condamner ceux dont la foi se détourneraient de lui. S'il avait été l'auteur de leur stigmatisation, autant dire tout de suite qu'il aurait préféré être aimé que d'aimer. Dans ce cas la logique y aurait perdu son latin, hélas c'est ce qu'elle fît longtemps.

Pour l'historien libéral en effet, l'intolérance de l'église des temps jadis représente la négation de l'enseignement du Christ. De lui qui n'engageait pas à douter de l'Esprit Saint, esprit qu'à l'heure d'aujourd'hui il serait d’ailleurs plus convenable d'appeler esprit de synthèse es-tu là, ou conscience extrapolatrice, parce que cet esprit est l'énergie des univers réels et virtuels, parce qu'il est dans tout, dans l'infiniment petit comme dans nos rêves que rien n'assujettit. Dans l'infiniment petit tout d'abord, cette énergie est le soufflet qui attise entre atomes les phénomènes d'attirance et de répulsion, lesquels n'auraient pu être envisagés par l'homme, si cet homme n'avait en lui la possibilité électromagnétique d'échographier ses pensées les plus obscures, et finalement d'imaginer choisir, attiré par certaines visions, en corollaire des divisions repoussantes.

Cet esprit-là est dans tous les mécanismes. Et la pire des abominations revient à ne plus rien comprendre quand on n'y croit pas, et à ne plus être compris en rien.

 

 

 

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