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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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Tollé rance

 

         C’est le Nouvel An juif, émoi émoi émoi. La fin du Ramadan, émoi émoi émoi. Et moi dont la religion a toujours été celle des constellations en ordre dispersé, je peine à rester concentré sur mes devoirs. Non pas que j’aie ce type de travail en horreur, mais je me méfie de l’addiction qui pourrait en découler. Car à tout bien considérer, le travail induit une forme d’ivresse commune à toutes les passions. Il nécessite beaucoup de courage et encore plus de foi en ce qui peut se faire. Et la bonne cuite est à ce prix. La mise en route peut être difficile, les canons se succèdent le temps de trinquer à la victoire sur la raison. Et puis ensuite, il suffit d’y croire, ou de s’y croire . Et alors l’esprit s’échauffe, la concentration atteint son apogée, les idée s’enchaînent avec une évidence biblique, et de fil en aiguille voilà le travail promettant l’hyperactivité apocalyptique d’un temps où l’ébriété laborieuse connaîtra sa pleine mesure à l’échelle de ses hémisphères antipodiques.

         Rendu là, tout se passe comme si je vous disais, travailler ou conduire, il faut choisir. Et ce n’est pas fini. Car même conduire, même conduire à défaut de l’ivresse, de toute façon conduire peut nuire à la santé de votre entourage. Ca le pollue, et ça le contamine particulièrement lorsque le conducteur se paye du travail de ses passagers. Merci chauffeur… Tes bonus son nos malus, ton train de vie notre voie de garage.

         Et moi je cherche toujours dans l’ordre dispersé de mes constellations ce qu’il pourrait avoir de religieux, comme une sorte de Word Trade Center, tout du moins dans ma langue maternelle : un mot qui en serait ainsi le centre, le Big Bang constant. Un mot comme centre du vocabulaire, pour résumer la totalité d’une dialectique débridée. Un mot pour tout dire du bien qu’il fait aux uns et du mal qu’il procure à tant d’autres. Et moi qui n’aime pas davantage le travail que le bourrage de crâne, j’y vais naturellement à l’économie. Je limite mon effort au stricte nécessaire, croyant ne pas trop en faire quoiqu’une fois bourré, on ne sait jamais. Un esprit plein dans un corps sain, la passion est pur fantasme et dans le sang chaud du Christ, le globale ne va pas sans les globules. Toujours est-il qu’en voilà un, le Christ, qui ne nous a pas trop saoulé avec son enseignement, tant il est vrai que ses bons mots relatés dans les évangiles tiendraient en trois pages dactylographiées, format 21-27 et grosse police. Mais vérifiez-le par vous-même, c’est aisément lisible entre les lignes tant elles sont espacées, que le Christ n’était pas bavard, afin que les blablas lui faisant sillage rendent la discussion discutable et l’enrobage spéculatif.

         Et moi dont la religion ne peut même plus être celle de la République, depuis que je sais ce qu’aux Etats-Unis républicain veut dire. Certes, nous arrivons en automne, période de la chasse. Chez l’Oncle Sam plus que partout d’ailleurs, c’est l’ouverture de la chasse aux sorcières. A bas les communistes, et vive les fonds de pension ! Les républicains d’Amérique, pas foutus de participer à la conscience et à l’effort collectifs, refusent catégoriquement d’accéder au vœu pieux d’Obama de créer une couverture sociale profitable à tous. Les républicains d’Amérique à la retraite préfèrent avoir inondé le monde entier avec leurs fonds de pension spéculatifs, hautement toxiques pour l’économie réelle et locale.

         Et moi vrai sans-culotte, ou pour le dire sur une autre fréquence : et moi républicain défroqué comme on disait des religieux en rupture, je ne mets plus un seul mot au centre du vocabulaire. Plus un seul, mais tous. La République autant que la Démocratie, la Science autant que la Religion, la Création autant que l’Evolution, ceux-là comme quantité de mots sensément usités, obtiennent qualité de synonymes dans l’instant de leur interaction modératrice.

         Un mot est usé par le travail qui a enfanté son ambivalence. Et la fréquence à laquelle il est globalement compris en émet l’origine. Pourvu que cette origine ne fasse jamais défaut, et qu’elle n’existe pas de trop.     

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