Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles
A discuter de l'économie, du grec ancien oikobidulechouette, signifiant l'administration d'un foyer, et par extension celle d'un patrimoine, il serait malvenu de nier la nessecité préalable de ce patrimoine. Cependant les théories économiques modernes résument leur opposition systématique dans le choix de gestion de ce patrimoine. Même si de nos jours, nous sommes convenus de substituer à la notion de patrimoine celle du capital, ne serait-ce que pour nous démarquer d'un radical sexiste (car patrimoine a le même que patriarcat, autrement dit la gestion du foyer serait dédiée à l'homme tandis que la femme, au foyer, ferait partie intégrante du patrimoine...), avant comme après la querelle de vocabulaire, la nessecité conventionnelle du patrimoine ou du capital permet de dissiper un malentendu historique. En réalité, quelque soit le système économique prôné par les uns contre les autres, le capital est au communisme ce qu'il est au libéralisme, il est la condition sine qua non de son appropriation ou de sa collectivisation. Nous serions donc mieux avisés de considérer que le capitalisme est mort dans l'oeuf du communisme, depuis que le communisme a cessé de couver, depuis aussi que le libéralisme spécule sur des bulles dont la vocation n'est pas d'éclore, encore heureux quand elles n'éclatent pas à la chaîne.
Historiquement parlant, s'il y a lieu de dénoncer le mode de gestion lamentable dont ont souffert les états communistes, la crise de 2008 démontre à elle seule que les états libéraux se sont adonnés à une partie de poker menteur, faisant semblant d'être riches en pratiquant un monétarisme qui, comme chacun le sait, consiste à augmenter régulièrement la masse de fric en circulation, en prenant soin de ne pas générer d'inflation, c'est à dire en veillant bien à ce que la masse monétaire augmente à la mesure de la surproduction industrielle. La société de consommation a ainsi été visée par la pratique politique du tout jetable, du tout éphémère et du light rentable. Et tandis que dans les pays pauvres ou victimes de l'utopie d'un communisme dépourvu d'un patrimoine préalable, la famine rend fort ceux qu'elle ne tue pas, dans les pays riches nous assistons à l'obésification d'un capital qui n'engraisse que les possédants possédés.
Il apparaît que le capital n'est pas une pomme de discorde en soi. Seul la critique de son mode de gestion dénonce ceux qui en croquent. Ajoutons que le monétarisme, en tant que prolifération de la masse monétaire dans les paradis fiscaux, a accéléré l'appauvrissement relatif des états (libéraux ou communistes) dont le modèle économique n'a pas vocation de tabler sur la spéculation et l'enchère.
L'économiste people Milton Friedman doit d'ailleurs son succès médiatique à sa foutue théorie maquereau économique , sorte de prechi prêcha de la dérégulation à tout rompre, plaçant toute sa confiance (fictive) dans la loi du marché pour équilibrer la balance des comptes entre des tonnes d'or et des tonnes d'exclus. Exclus de leurs foyers, exclus sans économies, exclus pouvant devenir trop manifestes et auxquels le pseudo système de Milton Friedman prévoit d'opposer un durcissement des forces de l'ordre. La paix sociale, si vous la comprenez aussi musclée, permet à monsieur Friedman de reconnaître sa bavure, tout en convenant qu'il s'en fout royalement.