Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles
Par jean-louis
A tous ceux qui sont nés avec le mot croissance en guise de hochet, je dis l’amen irrévérencieux que leurs slogans populistes voudraient asservir. A la fée qui s’est trop penchée sur le berceau des héritages disproportionnés, je dis qu’elle croit plus à ses comptes qu’à ses contes. L’argent va à l’argent, tout comme l’eau du jet d’eau retombe dans son bassin, sauf quelques postillons que le vent porte jusqu’aux bords de la faillite. Quant à la croissance, elle va bien merci pour elle, elle va comme je te pousse un mot derrière l’autre, pouvant tout dire et son contraire, subite ou subie, à court terme ou à perte. Partant du fait que du bail de Dubaï, il est aisé d’en déduire comment n’importe quel contrat se résilie. A la vitesse d’une champignonnière, pas loin de celle de la lumière à tous les étages, la facture de la croissance n’est plus longtemps solvable à cache cash. Et la politique de cet émirat puissamment endetté continuera de peser sur l’humeur pusillanime des places boursières. « Croissez et multipliez », n’est-il cependant pas écrit dans la Bible, croissez et multipliez, et vous serez de plus en plus nombreux, les contribuables des fonds souverains aux pieds d’argile.
La croissance n’est donc rien, et la multiplication guère autre chose qu’une addition salée, sans le libre arbitre d’un amen irrévérencieux. A l’initiative de ce libre arbitre, il faut alors saisir la croissance par le levier des taux d’intérêt de l’endettement, ou par celui des taux d’intérêt de l’épargne. Hélas, le premier et tout puissant, et le second quasi insaisissable. A tel point que tandis que l’argent, de la croissance, continue d’aller à l’argent, vivre à découvert sied aux planqués de cette même croissance.
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