Comme il faut bien introduire cet article par un mot, le verbe zapper : consistant à passer d'un programme télévisé à ses concurrents sans se lever du canapé, grâce à la télécommande dédiée à l'inconstance du sédentaire à pantoufles. Et depuis la toute première télécommande, inventée pour le confort de son commanditaire, les fonctions multiples de toutes les zappettes servent essentiellement à leur raison d'être initiale, tenir à distance l'étendue languissante des pages de publicité. Voilà pour la petite histoire. Donc l'idée de la zappette aurait pu germer dans l'esprit de n'importe qui désireux de ne pas s'ensabler les neurones en s'infusant mille fois les mêmes réclames. Puis comme le temps passe, les pubs bourrent désormais les boîtes à lettres comme des boîtes crâniennes, au même titre qu'elles ont donné le jour à tant de radios libres, libres de vivre d'autant de préjugés que de sous à gagner. Sans parler de la presse écrite, quand il s'y trouve que l'info soit un faux, une imitation par défaut, sur fond de propagande et autre leitmotiv. Ainsi va l'actu, maltraitée dans le feu de l'action. Par précipitation, il se peut alors que seul un crime contre les Juifs soit qualifié d'antisémite, sous-entendu par là que la mort des autres sémites compte pour du beurre. Mais passons... Et zappons également la xénophobie que certains assimilent à la haine de l'étranger, alors qu'une phobie est une hantise et renvoie dans ce cas à la peur de la haine. Car la haine de l'autre, c'est la sienne. Ce qui laisse à penser que le zapping est le dernier contre-pouvoir, l'ultime, après que tous ses prédécesseurs aient échoué dans les filets et sacs à pub. Tandis que quand je zappe, je suis toute la presse libre, je suis tous les journaux qui disparaissent sans que personne en parle, sans publicité aucune, et pour cause, ils n'en vivaient pas.