La liberté d'expression, les Français la campent sur ses ergots gallicans. Et depuis que la Gaule est devenue la France, le Français qui ne peut pas dire ce qu'il veut veut au moins dire ce qu'il peut. Parfois il le peut peu, parfois il le veut veule. Mais en aucun cas le Français ne se réclamerait pas de cette liberté d'expression érigée en un culte, dont aucun inculte ne veut, ni ne peut se libérer. Pourtant la notion de liberté d'expression confine à une sorte de mythe, voire à une mythologie toute entière, avec son Olympe parisianiste, avec ses Dieux de la com' qui parlent, qui parlent, qui parlent, et qui s'ingénient à passer tout le reste du temps sous silence. Quant aux autres français, les bons Français d'ici-bas, somme toute la plupart, ils sont généralement, et trop généreusement enclins à rejoindre un auditoire passif, lequel est aussi fier de ses prérogatives libertaires qu'un coq au crépuscule d'une civilité qui déchante. Pourtant, la véritable liberté d'expression, c'était autrement autre chose ! Cette liberté-là érigeait en droit universel le devoir de jeter des tomates pourries à des porte-paroles sans parole, et mis en scène par une petite troupe théâtralement soumise à la pensée unique. Unique, comme le serait un fils, s'il n'avait que des sœurs.