Le bruit court que les français vont de préférence s'approvisionner en cartouches à l'étranger. Et l'augmentation de trente centimes d'euro le paquet de clopes, à l'initiative des
fabricants de mégots potentiels, encouragera d'autant les fumeurs frontaliers à courir se ravitailler de l'autre côté d'une frontière fantôme. Pour les buralistes français, c'est encore et toujours
de l'argent parti en fumée, ajouté aux taxes interventionnistes d'un gouvernement par ailleurs si libéral. Mais nos dirigeants se prétendent tellement préoccupés par le bien-être respiratoire de la
population crapotante, qu'ici réside sans doute tout l'intérêt qu'ils portent aux professions de santé. A tel point qu'on est en droit de se demander si madame Sarkozy, "première dame de France",
n'est pas allée en Lybie eu égard aux cinq infirmières bulgares et au médecin palestinien emprisonnés, et accusés d'avoir volontairement inoculés le virus du SIDA à 438 enfants de Benghazi, ville
ou district en majorité hostile à la politique de Kadhafi.
Quelques jours plus tard, Nicolas Sarkozy s'est à son tour rendu à Tripoli, y obtenant comme par miracle la libération des cinq infirmières et du toubib. Carrément. Ce qui n'a pas manqué d'agacer
les dirigeants des autres pays membres de l' Union Européenne, sur la brèche depuis des années, et se sentant peut-être ridiculisés par le succès éclair du président français. Voilà donc ce dernier
décrié, vibrionnant au point d'énerver, tirant à lui la couverture bien au chaud du climat méditerranéen, personne et aucun de ses homologues ne pensant à sincèrement se réjouir de la libération
d'un personnel soignant directement rapatrié. Même que le bruit court selon lequel le président des français ne se serait pas rendu en Lybie pour y acheter quelques cartouches, mais pour en vendre
des bien grosses, dans le genre missiles anti-char pour un montant de cent millions d'euros. Sans compter l'aide que la France sera censée apporter à la Lybie pour la construction d'une
centrale nucléaire civile, couplée à une usine de dessalinisation, de l'eau de mer bien entendu, mais peut-être aussi de la facture.
(à suivre)