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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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Naguère économique, quand le Grenelle de l'environnement n'existait pas

singe01.jpgsinge02-copie-1.jpg A l' évocation de la Guerre du Feu, les internautes cinéphiles auront bien compris que je ne les incite nullement à télécharger ce bon film. Bien qu'en matière d'emploi du temps surchargé, nos lointains ancêtres préhistoriques s'y entendaient. Télégénique de circonstance, et dans le rôle d'un de ces aïeux tout droit sortis des cavernes, l'acteur grimé auquel ce film me fait penser n'est pas tant celui qui détient le secret du feu, que celui qui découvre, travail à l'appui, les bienfaits d'une première récolte. Dans cette scène si bien jouée, on voit alors un homme sommairement vêtu en train de se baisser et de ramasser je ne sais plus trop quoi, au rayon fruits et légumes du temps où les mammouths n'étaient pas des supermarchés. Reste qu'au moment de les transporter, ces gros légumes se révèlent assez volumineux pour surcharger les bras d'un seul homme en un instant. L'acteur en ramasse donc un, puis deux légumes puis trois ou quatre encore, jusqu'à atteindre la quantité critique au delà de laquelle il est obligé d'en laisser tomber autant qu'il en ramasse, ce qui ne l'empêche nullement de continuer sa besogne avec enthousiasme, jouant la scène comme pour travailler plus, grand classique de l'économie productiviste, silence on tourne en rond.

Non loin de cette scène d'anthologie, le Président de tous les français a cependant, par sa présence, contribué au succès du Grenelle de l'environnement. Et son implication lors de cet événement apporte la preuve que notre président a clairement compris que le fait de travailler plus correspondait, certes, aux balbutiements de la prise de conscience dont notre société productiviste s'enorgueillit, bien qu'on soit en droit de s'étonner de ne pas s'en lasser. Car le fait de travailler plus, le fait d'en amasser toujours plus ne suffit pas, une fois la masse critique définitivement atteinte. Dans le jargon d'une économie qui sent fort la rengaine, on appelle ça respecter les quotas de production, au delà desquels les prix s'effondreraient. Et l'acteur de la préhistoire n'a pas été le seul à jouer une scène d'anthologie. De nos jours aussi, quand la récolte de fruits et légumes et trop abondante, on en jette l'excédent avant qu'il ne pourrisse, parce que c'est la rareté relative d'un produit de consommation qui fait qu'il n'est pas trop cher, mais pas donné non plus.

Alors, travailler plus ? Oui, mais à deux ou trois conditions près : travailler mieux, travailler à l'économie, travailler pour comprendre que jeter n'est pas jouer, que ce serait laisser tomber, travailler donc pour recycler de plus en plus. Les soldats de La Palisse ne l'auraient pas mieux chanté : pour ce qui est de guerroyer, on gagnerait plus si on perdait de moins en moins.

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