Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles
Par jean-louis
Plus loin encore, plus loins que la prodigieuse permanence de l'amour filial, l'apparenté de la mémoire m'a rapproché de l'animal. Lui non plus n'ignore pas le vide, ce néant initiateur. Car pour rebondir, il faut manger l'énergie du rebond, donc ne jamais oublier que la chute est une bonne nourrice. Et à l'appui de cette becquée universellement donnée, c'est l'instinct, l'imitation de l'ascendant, qui transmet son savoir faire tomber sans tomber.
Dans ce long règne animal, la lutte entre les différentes espèces ne cesse de les grandir. Elles se fortifient au contact les unes des autres. Elles se perfectionnent ou disparaissent, mues par un réflexe émergeant et profondément enraciné dans l'univers végétal.
Quant à l'essence, quant aux essences de cette population avide de chlorophylle, elles puisent dans l'univers minéral la substance de leur croissance. Vers le haut, en lutte permanente avec les quatre vents tuteurs, au contact desquels il arrive à cette flore de se coucher. Mais l'arbre mort vieillit encore...
Et la terre, qui tourne toujours, et les sphères, rassemblées en galaxies, emportées par l'immanence du vide. C'est lui qui a écarté de ma route les illusions statiques. C'est lui
qui m'a élevé, m'a enseigné comment gravir les échelons d'un tri vertical et composé de l'animal, du végétal et du minéral, trois avatars, trois transformations et trois miracles nés de
l'intangible, vivant de l'intangible, et disparaissant intangibles, au loin, trop loin pour que je discerne encore la grâce qui les emporte.
Rubrique 1, texte 5
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