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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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Question au gouvernement (2)

Comme le dit la chanson, Marianne a cinq enfants (qu'elle éleva de son mieux/ Marianne a maintenant/ quelques rides aux coins des yeux). Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les députés, ces rimes ne sont pas de Victor Hugo, certes, et ne l'est pas qui veut, mais elles nous rappellent que tous les chemins peuvent mener à la politique, y compris celui de la poésie. Il y a plus d'un siècle en effet, Victor Hugo était assis là, dans cet hémicycle que vous vous partagez entre libéraux et socialistes. Car lui aussi, avant vous, a fait dans le social et dans le libéral. Écrivain à ses heures, le député Victor Hugo prônait par ses idées un libéralisme que sa pensée sociale assimilait à la vision d'une Europe unitaire. Tant il est vrai que la liberté est comme le développement, elle est donc durable aux conditions de structures sociales qui valorisent l'initiative individuelle. Hélas nous en sommes loin. Et le chemin est encore long de la poésie à la politique, quand les cinq enfants de Marianne sont les cinq Républiques.

Sans être de ceux qui en attendent une sixième, j'aimerais dans votre enceinte vous parler de la liberté d'entreprise, et des patrimoines faramineux qu'elle autorise. Aujourd'hui, les riches n'ont jamais été aussi riches, amassant des fortunes qui, à mon sens, confirment toute forme de spéculation dans sa vocation dictatoriale.  En d'autres termes, plus l'action du capital financier se renforce, et plus ce capital improductif devient la cause essentielle d'une inflation chronique. Auquel cas le pouvoir d'achat ne peut que diminuer, et pour cause, étant admis que pour faire fortune, les spéculateurs ont besoin de multiplier le volume de la monnaie en circulation, et tant pis si ce phénomène d'accroissement de la masse monétaire détruit le lien existant entre valeur réelle et valeur nominale. Comme à l'accoutumé, il apparaît alors que ce qui est relativement rare, y compris la monnaie, vaut plus cher que les magouilles qui affolent la planche à billets.

Je ne dis pas qu'une masse monétaire ne doit jamais croître. Même une légère inflation de quelques points de pourcentage par ans ne constitue peut-être pas une grave menace pour le progrès économique et social, et bien sur que comprendre un tant soit peu l'économie productiviste, c'est admettre que lorsque la population augmente tel que dans notre République numéro cinq, la masse monétaire en circulation doit croître proportionnellement, dans le souci légitime de maintenir le pouvoir d'achat de quarante, puis cinquante, puis plus de soixante millions de consommateurs.

Mais en dépit de cette nécessité d'accroître la masse monétaire pour des raisons démographiques et salariales, nécessité aussi nous est faite de voir rimer inflation avec élévation des coûts de production. Car si produire des biens de consommation coûte de plus en plus cher, n'est-ce pas, en partie, parce qu'une forme de richesses bien à l'abri dans des paradis fiscaux pèse en état de mort clinique beaucoup plus lourd que l'argent qui s'échange ? Cette masse monétaire là, en état de mort apparente, vit belle et bien de son accumulation constante. C'est même en ne cessant de grossir, et à la condition de s'engraisser de la sorte, que ces capitaux reflètent une valeur constante. Mesdames et Messieurs les ministres, n'est-ce pas là la raison historique de la croissance telle qu'elle bat la cadence ?

Mais Marianne a cinq enfants, et un embryon de réponse. Sous son bonnet phrygien, Marianne se souvient. Marianne voit bien qu'en l'espace d'un demi siècle, les salaires n'ont fait qu'augmenter pour légitimer la prolifération de l'argent de la spéculation. Reste que mille francs des années soixante valaient autant, sinon davantage, que mille euros de nos années deux milles.

Mesdames et Messieurs les ministres, à quoi ça rime ?   








  Question deux
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