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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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Espace vital (7)

En 2005 se tenait à Tours le XXV° Congrès de la Population Mondiale. A cette occasion circulaient dans le quartier de la gare nombre de gens munis d'un badge qui signifiait clairement la raison de leur séjour. Ils étaient tous en provenance d'autres régions du globe, tous pour un épilogue, et un pour tous les discours, afin que les traducteurs n'aient pas à en dire plus. Surtout pas de vagues, rien que du vague sur un sujet qui fâche. Toujours est-il qu'une interprétation personnelle de ce non évènement m'avait alors poussé à écrire un petit texte, qu'évidemment personne ne lut, et pour cause, je n'avais pas encore créé ce blog. A présent c'est chose faite, depuis un an, et comme le temps passe et que la population des vieux occidentaux et des jeunes du vaste monde continue d'augmenter, ce texte que je vous livre aujourd'hui est toujours d'actualité, et il le sera encore longtemps, tant que les grands politiciens de ce monde resteront à ce sujet (qui fâche), muets comme des carpes. Bonne lecture quand même:

" Les vacances sont propices aux voyages, qui selon l'adage forment la jeunesse, elle qui se verrait bien centenaire dans un avenir lointain, à condition que l'implosion des caisses de retraite ne projette pas sur cette longévité statistiquement promise une ombre déjà rampante.

A destination de l'horizon 2050, les gamins d'aujourd'hui doivent en effet s'attendre à travailler plus et plus longtemps, à moins qu'en compensation du papy-boom du demi-siècle, un baby-boom aussi explosif ne fasse pas les choses à moitié. Le chantage s'établit donc comme suit : à papy-boom, baby-boom et demi, et cette extorsion de fonds prédite aux générations mises en rivalité est à l'ordre du 19 juillet 2005, jour d'ouverture du XXV° Congrès Mondial de la Population, que la ville de Tours se plaît à accueillir. Car si cette même année, la France s'est fait coiffer sur le poteau par la Grande Bretagne pour l'obtention des Jeux Olympiques de... Londres, la ville de Tours a plus d'un tour dans son sac, puisqu'un an après l'hébergement des conférenciers experts en démographie galopante, le chef lieu d'Indre et Loire sera l'hôte des Championnats du Monde de Scrabble, un jeu dans lequel les mots se croisent mais les chiffres aussi. Car dans la mesure où le Scrabble est un jeu pratiqué dans toutes les langues, la valeur d'une lettre y dépend de la fréquence de son emploi. Ainsi quand il est rare comme en français, le W vaut ses dix points. Mais quand il pullule comme en anglais, un point c'est tout. On est d'accord, des chiffres et des lettres pour un calcul mental multiplex, et si dans la langue de Shakespeare, Wonderful c'est pas formidable, en français c'est tout Wu, dialecte chinois.

Qu'on le veuille ou non, le trop grand nombre se confond à ce point avec son emploi, qu'il le dévalue. Et ce ne sont pas les invités réunis pour le Congrès Mondial de la Surpopulation qui vont s'empresser de le confirmer. Eux ne sont pas venus là pour observer que la prolifération déprécie l'emploi des lettres et de l'être. "

... Je vous avais prévenu, c'est un sujet qui fâche. J'entends d'ici les natalistes pousser des cris d'orfraie, sifflets à l'unisson et levée de boucliers contre ce satané blogueur nommé jean louis, puisque c'est comme ça qu'il s'appelle et qu'il doit en répondre. Haro sur ce baudet ou sur son cheval, mais pour quel justicier se prend t’il en tirant sur la vie plus vite que son ombre ?... A son corps défendant, j'avoue qu'il m'arrive parfois d'essayer de tirer moins vite qu'elle, mon ombre. Mais que voulez-vous, on ne se refait pas, et si cette ombre se met de temps en temps à vaciller c'est qu'elle existe, du moins existe-t-elle autant que le feu sacré qui la provoque.

Pour sûr, on ne se refait pas, surtout pas à mon âge. Entre deux âges, on aurait plutôt intérêt à croire en la jeunesse sans pour autant vouloir piquer tout les vieux. A cet âge que j'ai, on est jeune par envie, et vieux par expérience. On est à mi-chemin ou à mi-pente, comme vous voudrez, tel ce Sisyphe un peu mytho quoique célèbre, à ce point réputé depuis qu'il roule un lourd rocher, jusqu'au sommet d'une côte que l'énorme caillou n'en finit pas de dévaler. Et ça dure, et ça dure ! Mon vieux Sisyphe t'es toujours là pour ne pas faire ton âge, entre le chaos du passé et le KO plein de trente six chandelles. L'ombre est la proie, c'est du pareil au même.

Mais question prolifération, je ne dénigre pas tant la vie que ce qui la provoque. Pourtant, prolifération, le mot prolifération, il fait bien partie de la conversation convenable, ôtez-moi d'un doute ! Prolifération des armes nucléaires, par exemple, ou prolifération des mines anti-personnelles. Avec la quantité d'armes planquées ou en circulation actuellement, il paraît qu'il y a de quoi tuer des milliards de vieux occidentaux, et autant de jeunes fuyant d'ailleurs.

Moralité, si vous voulez tirer sur tout ce qui bouge, empoignez donc une corde par son extrémité, et que votre adversaire en fasse autant à l'autre bout. Et puis tirez, mais tirez donc ! A force égale vous ne serez pas plus avancés que Sisyphe et son rocher, ou que moi et mon ombre. Alors tirez, tirez bon sang !... Mais sans le faire couler. C'est vrai qu'on peut aussi tirer avec une arme, tirer un coup ou même plusieurs, mais c'est con d'utiliser le verbe tirer en sachant que la plupart des projectiles vont de l'avant sous l'effet d'une poussée. A part bien sur une grêle de bombes larguées par un avion, et qui tombent à verse, aussi vite qu'un pesant rocher. Or Sisyphe ne peut être partout, et encore moins en dessous de tout.

                                                                                    

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