Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles
Changer de mode de génération, mais pas dans l'immédiat. Pas avant que tout ne soit accompli, et ne jamais refaire l'erreur d'un communisme instauré avant l'heure.
Autant que l'Histoire du XX° siècle, l'actualité mondiale nous permet de vérifier à quel point un système communiste trop matinal serait un anachronisme. Et bien qu'il faille convenir que pour sa part, l'instinct de propriété est hautement critiquable, sitôt que quelques possédants à l'échelle du planisphère en tirent les ficelles pulsionnelles, cette critique, elle aussi, relève de la dissidence anachronique.
Pourtant le communisme s'apparente bel et bien à la planification d'une ère nouvelle, futur âge d'or d'une économie internationale aux rouages authentiquement huilés, notamment parce que chacun, en tant qu'ouvrier, y aura le droit de travailler pour pouvoir s'acheter la totalité du produit de son propre travail mensuel. Notamment aussi parce que d'année en année, l'aspect insensé de cette dynamique sans aucun bénéfice évoluera quand même, par le biais du renouvellement des échanges au goût et au prix de reviens-y. Mais avant, mais avant tout, l'accomplissement des conditions stables de cette économie communiste ne va pas sans évoquer l'importance et le préalable d'un Capital constant, quoique ce capital ne puisse être constant avant que l'exhaustivité de sa masse définitive ne soit fixée à hauteur des besoins structurels de la réalité et de l'ordre communiste à l'échelle mondiale. Et c'est pas demain la veille, raison pour laquelle les grands propriétaires de l'outil de travail sont encore là pour un bon bout de temps, et sont aussi longtemps là pour déduire du salaire de l'ouvrier le prix de location des outils. L'ouvrier défend son beefsteak, tandis que le propriétaire doit multiplier son cheptel, autrement dit, la génération du Capital promis à l'avènement du communisme le construit lentement, l'édifie progressivement et au delà des frontières, allant de pays en pays, et voguant sur les bases financières de la "classe bourgeoise" dont Karl Marx prédisait sans impatience la durable efficience, par le truchement d'un communisme exclusivement valorisable à travers la bourgeoisie.
Peut-être bientôt, ou plus tard encore, lorsque les conditions structurelles du communisme seront partout et complémentaires, alors tout sera accompli pour l'identification d'un capital financier qui n'aura plus de raison de croître.
Dès lors, ce Capital constant ne sera plus que le miroir muet des valeurs collectivistes échangées à l'échelle mondiale, et plus rien ne justifiera qu' en tant que Capital, il n'ait à s'augmenter d'un centime ou d'un rouble.
Si la France du XX° siècle a pu mesurer avantageusement les retombées sociales d'un communisme historique, bien qu'embryonnaire, et sans que sa démocratie en souffre, c'est parce qu'elle faisait partie des nations solidement implantées sur les bases d'une tradition bourgeoise industrieuse et maturée depuis longtemps, dont la contribution à l'économie collectiviste fut des plus ascendantes. A contrario, si à pareille époque la même expérience initiée dans l'ex URSS et ses satellites s'est soldée par un échec cuisant, cela survient en partie du fait que se priver prématurément des grands propriétaires, et des règles féroces de leur mise en concurrence, ne peut être compensée que par une autre férocité encore moins libertaire, sans pour autant que cette initiative prise d'autorité soient une garantie pourvoyeuse des moyens matériels de la croissance et de l'accomplissement du projet communiste.
Mais d'autres pays que l'Uniont Soviétique ont proprement dévoyé l'idéal communiste, en croyant bon de faire coïncider le temps de leur indépendance nouvellement acquise avec l'adoption d'une politique économique inspirée de l'allié de Moscou. Malheureusement pour ces nations libres, s'il est possible d'édifier les bases du communisme à partir de l'intérim de la croissance, la croissance de la misère est beaucoup plus qu'un simple intérim. Ou alors dans ce cas, cela équivaudrait à vouloir la fin du Capital avant de n'en avoir jamais connu l'initiatique et louable génération .
Et moi je dis tout ça, et patati et patala, et je n'en finirais pas de me la raconter, simplement parce que j'ai essayé de lire Karl Marx un peu plus consciencieusement que ne la fait Staline. Remarquez, c'était pas bien difficile.