Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles
Un panier à cinq points, non ce n'est pas du basket. J'ai pourtant bel et bien l'idée d'intégrer à ce blog une rubrique sportive, prochainement, mais chaque chose en son temps, et qui veut aller loin ménage sa monture, alors allons-y à l'économie : aussitôt précisé que les cinq points intentionnels viseraient le panier commun des anciennes monnaies européennes, tout le monde aura compris que ces cinq points convertibles en taux de croissance (souhaitable) évoquent le malaise actuel, inhérent à une économie européenne en berne. Les chiffres parlent d'eux-mêmes, comme la jument de Fernandel. Seulement deux pour cent de croissance prévus pour cette année. En comparaison, les cinq pour cent de la Chine font évidemment jaser plus d'un observateur dont le dada, c'est l'éloquence des chiffres.
Nicolas Sarkozy vient d'installer Jacques Attali à la tête de la Commission pour la libération de la croissance française. Et dès lors, rien qu'avec quelques mots-clé à l'appui, le site Internet est lancé, www.libérationdelacroissancefrançaise.fr, qui regroupe une trentaine de blogs sur lesquels tout internaute peut venir se fendre d'un commentaire, avisé ou ingénu, peu importe, toute idée mise en circulation contribue à la transparence démocratique, si seulement l'argent pouvait oeuvrer sous des auspices aussi limpides.
Mais attendu qu'on ne trouvera pas les trois points manquant à la croissance sous le sabot d'un cheval, cela se passerait-il de commentaire ? Toute la question se formule en ces termes, quand le reporter du Journal du Dimanche rappelle ingénument à Jacques Attali que des pays comme la Chine ou l'Inde ont une activité débordante en proportion de leur retard. Effectivement là bas, ça urge de construire des routes ou des centrales électriques, tandis qu'en France, la croissance s'appuie sur des technologies de pointe aux retombées économiques aussi aléatoires que les investissements dans la recherche scientifique s'avèrent risqués. Ce qu'il faut comprendre également, c'est que cinq pour cent de zéro vaudront toujours moins que deux pour cent de mille. En d'autres termes, la croissance des pays émergeants a beau être plus perceptible, au travers des chiffres, que celle des pays de l'Europe, j'ai pour ma part le souvenir de certains carnets scolaires truffés de zéros pointés, et plus il y avait de zéros moins il y avait de place pour les bonnes notes, et moins ces dernières pouvaient infléchir à la hausse une moyenne rédhibitoire. Si donc un vingt sur vingt peut à ce point passer inaperçu dans la masse des bulles, il est facile d'envisager que plus la masse monétaire d'un pays est importante, en proportion de la démographie de cette nation, et moins le taux de croissance de cette masse monétaire peut s'augmenter à loisir. En valeur réelle tout du moins, plus un capital a crû, et moins il peut continuer de croître, sauf en infléchissant d'autant les taux d'inflation et autres plaies d'un cycle économique.
Et puis que dire de cette monnaie unique, l'euro, tant qu'on ne peut pas mettre tous les euros dans le même panier ? Car vu sous l'angle d'une Europe aux pouvoirs d'achat aussi disparates que ses frontières ont disparu, la valeur d'échange de cette monnaie passe du simple au triple en allant d'ouest en est. Je sais bien que le malheur des uns fait le bonheur des autres, mais jusqu'à quand ?
Jusqu'à quand cette monnaie sera t'elle unique, vraiment unique en son genre ?