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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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Transfert sur un divan

hy-ne2.jpg  Comment ne pas voir que l'homme, animal contre nature par excellence, est condamné à transformer son lieu de vie à défaut d'avoir l'énergie suffisante pour s'y fondre et s'y adapter ?

L'artifice social est la rançon de la conscience humaine, laquelle ne peut recopier texto la loi de la jungle sans y mourir, sauf dans un bestiaire où les animaux sont doués de parole afin de plagier celui qui fait l'âne pour avoir du son, celui qui se prend pour un lion parce qu'il est né avec une cuillère en or dans la gueule, celui qui se croit prédateur alors qu'il n'est en fait qu'un charognard, fin prêt à se goinfrer de la décomposition sociale.

La conscience humaine condamne précisément l'homme à se distinguer de la flore et de la faune, lesquelles seules souscrivent aux conditions de la sélection naturelle. Quant à l'humanité, il lui faudra se reconnaître dans une autre théorie, plus représentative de ses mirages psychologiques. . Mais de grâce ! pas de filiation frelatée d'une théorie à l'autre, quand seule la première en date est évocatrice de son auteur, Darwin. Quant au darwinisme qui débouche sur les plans sociaux, il n'est pas plus évolutionniste que je suis martien, et doit se substituer à cette bévue une réflexion fondée sur l'animalité en l'homme, pour en dégager sans complaisance le bilan négatif et peu flatteur des nuisances causées par un progrès traquant l'ennui, et cruel symptôme de l'inadaptabilité de l'homme à ce qui l'environne.

La vie n'est plus ce qu'elle était, n'est plus que refoulement morbide vécu pour ce qu'il est : un loisir onéreux.        euro3.jpg

Avec l'argent pour béquille ou déambulateur, l'humanité clopine à la traîne du règne animal. Chétive et dotée de si peu d'énergie vitale, l'espèce humaine adaptée à la cruauté de sa maladie mentale trinque à la fortune des plus neurasthéniques, à la fortune de ceux qui n'auraient même pas la force de respirer sans de substantiels dédommagements, et qui nous font payer leur oxygène de plus en plus chèrement.

- Cette neurasthénie aiguë se soigne t’elle docteur ?

- Bien sûr, là, sur le divan.

- J'ai besoin d'argent, Docteur

- L'argent n'est qu'un symptôme.

- Et que signifie t’il ?

- Qu'à défaut de la vitalité qu'il remplace, vous l'aimez.

- Moi docteur ? J'aime un symptôme ?

- Oseriez-vous le nier ?

- Je vais essayer : je n'aime pas un symptôme, je n'aime pas un symptôme, je n'aime pas un symptôme...

- Et alors, que ressentez-vous ?

- Hélas, en disant cela, j'ai l'impression de perdre le peu d'énergie qui me restait.

- Alors, soyez positif !

- Volontiers : j'aime un symptôme, j'adore un symptôme, j'adule ce symptôme...

- Ça tombe bien, car moi aussi. D'ailleurs, vous m'en devez un...

- Je vous dois un quoi, docteur ?

- Vous me devez un symptôme. Converti en espèce, ça fait 50 euros.

- Ah ! Docteur, vous me soulagez d'un poids. Je me sens déjà beaucoup mieux !

- Rien de plus normal , on combat les maladies de l'esprit en les comprenant.

- Je me sens tellement mieux, docteur... Permettez que je vous embrasse...

- Ceci est hors de question. Car dites vous bien qu'entre nous, le transfert ne doit pas être affectif, mais seulement de fonds. 
                                                     
                                                                euro1.jpg

                                                Rubrique 3, texte 10

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