Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles
Par jean-louis
De toutes les manières, s'il fallait comparer l'être humain à tel et tel animal, il n'en serait pas un, il les serait tous, toutes les espèces douées de la faculté de sentir et de se mouvoir, de la plus bestiole à la moins bestiale. L'Homme serait ainsi la résultante de la sélection naturelle, sans pour autant en prolonger les effets, si ce n'est de mémoire, de mémoire de Noé. Taupe des services secrets et des sociétés opaques, renard de la diplomatie, fennec de la soif et chameau des vacheries, loup de la liberté de penser et condor des taux d'usure, aigle de la cosmologie et de l'infiniment petit, bref, bien que s'arrêter là ne débouche pas sur une liste exhaustive. Mais si les animaux totem résument la sélection naturelle, l'homme abouti danse autour, tout autour, un peu comme le danseur de Nietzsche au fil d'un équilibre, le nihil.
Chez l'Homme, en l'Homme, la notion de sélection naturelle sert essentiellement à lister le gotha issu de l'évolution d'un déluge. Et puisque dans un bestiaire il
est convenu de faire parler l'animalité en nous, alors les belles plantes ne vont pas faire exception à la règle, et au même titre que la fable qui les met en scène, le Chêne et le Roseau ne sont
pas plus bêtes que d'autres quand il s'agit de parler de la pluie et du beau temps.
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