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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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A nous, pigeons qui pigeons

Dernièrement de passage sur un plateau télé,   le Ministre du travail en exercice a dit ce qu'il a cru bon de redire, dénonçant pêle mêle les 35 heures, le vieillissement de la population, le péril d'une "décroissance" que chacun assaisonne à sa sauce sans en connaître les modalités ni les enjeux. Reste que pas du tout du goût du Ministre du travail à l'exercice, cette décroissance économique lui semblant une utopie, une idée condamnée à mal vieillir avant même sa sortie de l'oeuf, Monsieur le Ministre lui a naturellement opposé l'impératif d'un taux de croissance positif et ce qui va bien avec, la nécessité d'une démographie dynamique dont il se réjouit, qu'en France, elle corresponde à 2,8, soit pratiquement trois enfants par femme. C'est donc au principe de la benne basculante, autrement dit selon le savant calcul d'une alternance "et puis basta", qu'il nous appartient, à nous chers téléspectateurs, de bien comprendre les enjeux d'un taux démographique pullulant. Et comme souvent il appartient au peuple de comprendre qu'il ne lui appartient pas grand chose, ce que lui retire en l'occurrence le pouvoir en place, c'est la perspective d'une retraite digne de ce nom, mais qui entrerait en totale contradiction avec les promesses ministérielles. En effet, quand on nous fait croire que plus il y aura d'enfants dés à présent, et plus ils seront de travailleurs au bout de vingt années de croissance préalablement juvénile, cette logique selon laquelle une quantité d'enfants sera proportionnelle à leur force de travail vingt ans plus tard est aberrante, bien que cherchant à nous convaincre que grâce à autant de mômes que de promesses d'embauche, le problème des cotisations a destination des caisses de retraite est en passe de trouver sa solution par le plus grand nombre de cotisants possible. Sauf que...

Sauf qu'il est déjà prouvé, de nos jours, que le chômage sévit, en partie, à cause d'une démographie galopante. Il en résulte une population excédentaire de bientôt trentenaires, quadragénaires, quinquagénaires, lesquels sont d'autant plus souvent exclus du monde du travail qu'ils entrent en concurrence directe avec une automatisation intensive, autrement dit avec des machines dont le rendement n'est pas taxé autant que le travail des nombreux ouvriers que ces machines suppriment.

Mais alors comment, ou pourquoi, peut-on nous laisser croire qu'une démographie rajeunie permettra, par son travail, de remplir entre autre les caisses de retraite, alors que ces générations montantes, et en partie excédentaires pour les raisons précitées, viendront grossir, peut-être les rangs des chômeurs, mais à coup sûr les rangs de la précarité et d'un sous-prolétariat exempté peu ou prou de toute cotisation suffisante et cohérente ? La question, ainsi durablement posée, comment, et surtout pourquoi, pourquoi en effet, vouloir que la précarité se répande compte rendu d'une démographie dynamique ? La réponse est presque dans la question, et aussi aberrante. Car plus il y aura de précaires, et moins il pourront régulièrement cotiser pour leur retraite. Et moins ils auront pu cotiser, moins cette retraite sera élevée quand ils auront l'âge de la prendre. Le minimum retraite pour tous ?... Voilà sans doute la solution ! Ou comment ne plus vider les caisses, sans pratiquement les remplir.                                        
                                                              

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