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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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Question au gouvernement (1)

En tant que non député, et pas assez fortuné pour prétendre à l'éligibilité, mais en tant qu'électeur représentant d'aucuns, je me permets, Madame/Monsieur le ministre de/du/ et autres de là, de m'interroger dans cette rubrique sur l'utilité des questions qui vous sont posées en séance par les députés, et au su desquelles vous avez tout le temps de préparer vos réponses. Il est regrettable en revanche qu'au moment de poser sa question au gouvernement, chaque député ait l'obligation de faire court, d'autant mieux que le temps lui est compté.

Mais en ce qui me concerne, et à titre de député imaginaire, j'ai tout le loisir de développer l'énoncé de ma perplexité, dans le but évident de vous ménager les avantages d'un tel questionnement, sans vous en infliger les inconvénients. Bref, mes interrogations ne confineront pas à l'interrogatoire, en toute conscience du bien-fondé de la chambre législative qui n'est pas un dortoir, bien qu'il soit légitime d'y nourrir de beaux rêves. Quoiqu'il en soit, un député en séance n’est pas un flic, il pose sa question frontale sans qu'elle soit brutale, et vous, Madame/Monsieur le ministre de/du/ de la, vous tâchez de ne pas y répondre à côté.

Je m'étonne malgré tout, à ce sujet, qu'un gouvernement de droite tel que le vôtre ait toujours à la bouche en guise de leitmotiv le mot idéologie, notamment pour reprocher la leur aux députés de gauche, aussitôt que ceux-là critiquent vos décisions, vos convictions, vos intentions. Et je suis d'autant plus surpris qu'en vis à vis de cette idéologie d'autrui, vous vous reconnaissiez de préférence dans les termes moins péjoratifs que sont l'innovation et la créativité. Madame/ Monsieur le/la/les ministres, je ne doute pas que vous ne doutiez pas, et que persuadés que votre esprit de persuasion est très ouvert, votre éloquence abandonne l'idéologie au passé, lui préférant la dialectique de la modernité. Etes-vous sûrs, cependant, d'être plus originaux que classiques, plus évolués que passéistes, plus maîtres de la situation que de l'action, quand discréditer les aspirations économiques de la gauche vous suffit ? Et a contrario, n'avez-vous pas, vous-même, des références d'ordre idéologique quand la théorie monétariste de Friedman dresse le décors mercantile des idées de l'économie que vous vous faites sur mesure ?

Madame/ Monsieur le ministre des idées neuves, Friedman n'était pourtant pas un novice. Et quand sa théorie abondait, déjà, dans le sens du néo-libéralisme, observant au passage que la loi du marché était certes cruelle, et que pour juguler l'inflation le principe de l'offre et de la demande devait limiter, voire affaiblir les interventions de l'État, bref, lorsque Friedman affirmait qu'un certain taux de chômage était aussi naturel que les inégalités sociales, il anticipait en cela sur l'avènement de l'idéologie mondialiste, laquelle ne convenant plus qu'il faut faire chômer mais qu'il faut faire travailler plus les pauvres, et plus de pauvres, nous voilà dans l'imitation sinon pure, pire et simple.

D'autant plus qu'en adoptant l'état d'esprit d'un Friedman fasciné avant l'heure par le bling bling et le clinquant de sa chapelle, force est de prévoir autant que lui les retombées sociales de l'inégalitarisme quand il n'y a pas de meilleur simulateur de la croissance, tout en sachant que la précarité engendre logiquement un surcroît de délinquance, laquelle implique, en vue de la prévenir, une répression elle aussi accrue.

En écrivant ceci, Friedman à au moins eu le mérite de convenir qu'en faisant fi de l'intervention de l'État républicain, l'injustice inhérente au principe de l'offre et de la demande relevait de l'affaire criminelle autant que la délinquance qu'elle met en perspective. Et c'est justement le défaut de cette parfaite mise en équation qui m'interroge.

Depuis que j'ai des idées au logis, député de ma chambre avec vue sur la hausse des prix.

    Question 1
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