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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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Toucher sa bille

Mais on a beau convenir que l'habit ne fait toujours pas le moine, tout de même, depuis longtemps certains religieux, et pas forcément des plus nobles, ont bien fait leur travail. Il leur est arrivé d'être de simples copistes, humbles plagiaires d'une connaissance qu'ils n'auraient su corriger. Parfois, ils ont aussi été de grands penseurs, écrivains soumis à la censure du Clergé, du temps où le bûcher refroidissait les esprits libertaires. Toujours est-il que durant de nombreux siècles avant que la terre soit ronde et vue de la lune, l'idéal que ces hommes pieux se faisaient de l'âme comprenait déjà autant de génie qu'il en faut, pour convenir d'un équilibre économique aux vocations cycliques. Sans entrer dans les détails, rappelons au passage que c'est aux théories de Saint Augustin que l'on doit la notion de "juste prix", largement bradée depuis, par les marchands trop heureux d'avoir été éjectés du temple.

Mais en admettant un instant que la quête d'équilibre de ces hommes pieux n'aient pas été le fruit d'une imagination maladive, pour peu qu'au lieu d'avoir été de purs illuminés, ces hommes dignes de foi aient simplement porté l'habit de moine comme une seconde peau, voire une seconde nature, alors dans ce cas il n'ont fait que procéder par empathie, s'inscrivant en l'occurrence dans la ligne de conduite du Christ qui, est-il besoin de le mentionner, prétendait en tant que sauveur universel ne vouloir égarer aucune brebis en route. Le Christ se voulait à ce point économe de toute les âmes, que passez-moi l'expression, mais la réponse actuelle de la bergère à ce berger, c'est l'écologie. Même si l'écologie n'a pas pour vocation de sauver les âmes, reste que l'environnement est sa seconde nature. Et l'écologiste lui aussi, en tant que sauveur universel, devra vraiment toucher sa bille pour recycler dans sa totalité le gaspillage des pauvres pécheurs, lesquels seraient autant de brebis aspirant à la vie éternelle, via le purgatoire de la déchetterie.

Mais rendu à ce stade de la comparaison, mes pieux lecteurs peuvent penser, avec raison, que comparer le Christ à un écolo est un peu farfelu. Et ça tombe bien, je suis un peu farfelu. Je trouve en effet, qu'avant que la notion de recyclage des déchets n'ait pu faire partie du vocabulaire des théologiens intègres, ces hommes qui n'étaient pas des intégristes n'envisageaient pas le mouvement perpétuel sans une réintégration de tous les rejets, organiques ou inorganiques, dans le cycle éternel qu'ils appelaient Dieu.

La science le fait reculer (Dieu). Et je trouve également que chaque avancée scientifique est un excellent moyen pour tenter de rejoindre par le plus court chemin l'horizon, qui par définition reste à l'horizon . C'est alors en tant que farfelu que je crois en un univers dont Dieu sera toujours notre horizon, pour correspondre à l'intuition cyclique qu'on a du va-et-vient. Si bien qu'en tant que farfelu, je crois que si un tour du monde par le chemin le plus court équivaut à un aller-retour presque sur place, l'ultime voyage digne de foi s'appelle Adieu.

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