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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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Champs javellisés

Dans le cas où l'ensemble de nos agissements serait inhérent à un manque congénital, ou relatif à des besoins générés par le progrès, peu importe. De toutes les manières, ce manque est relatif, il dépend de celui qui l'éprouve, et il varie en fonction des tempéraments ou même des sexes. Allusion faite à la libido, parce que cette énergie est celle de tous les obsédés sensuels, et parce qu'elle se décline à l'infini. Le mode d'action qui est le nôtre consiste pour l'essentiel à produire, à reproduire, et même les oeuvres d'art qui, par définition, restent uniques, ont pure vocation de se perpétuer. Rien ne se crée et tout s'explore. Et même une oeuvre unique en son genre n'est pas stérile, sinon tout le serait. Au point que dans le domaine artistique, le savoir du maître a pour continuité l'autorisation de l'élève. Comme si une sorte de consentement mutuel allait de l'un vers l'autre théoriser sur le fait que les manques n'expliquent pas la relativité , mais déplorent qu'elle ne soit pas absolue.

Question inventivité pourtant, dire que la relativité devrait être absolue revient à convenir que tout l'ordre de nos pompeuses théories économiques, et tout l'ordre qu'un de nos systèmes actuels peut générer en son sein ne sont rien, en regard du désordre qu'ils engendrent à leur périphérie. Ne serait-ce qu'à l'exemple du moteur frigorifique, vieille invention du XX° siècle ; pour produire et reproduire une vague de froid interne, il lui faut dégager de la chaleur. Ceci au même titre qu'un moteur à explosion dont une partie de l'énergie se disperse et pollue l'atmosphère sans correspondre à une force motrice. Et c'est à ce moment là qu'il importe d'établir les règles d'une correspondance en bonne et due forme, amis et partenaires de l'écologie boujour, vous qui n'aimez bannir que l'exclusion. Dans votre programme politique, l'écologie et l'économie font la paire, pour que toute production s'intègre dans un cycle, et pour que la surproduction en boucle la boucle. Il faut agir, et le plus vite sera la meilleure des fréquences. Sauf que dans certains cycles, dont les causes et les effets ne sont pas toujours distincts, persiste insidieusement la tentation de confondre le but à susciter, et les raisons de le ressusciter. Passez-moi ce mauvais jeu de mot, avec mes remerciements, et nous en arriverons aux fondamentaux de la rationalisation du travail, sous-entendu de l'idée que ce font nombre de chefs d'entreprise, rapport à leur plan comptable et à la rentabilisation du personnel. Pour le dire sommairement, la raison ordinaire leurs permet de croire que virer du personnel génère un surcroît de bénéfices. Certes, et nous voilà rendus à la moitié du raisonnement, l'autre moitié consistant à se rappeler qu'en termes politico-économiques, dès lors que la relativité sera absolue, elle sera l'équivalent d'un système se suffisant à lui même, avec un degré d'exclusion égal à zéro.

Le problème des chefs d'entreprise actuels, c'est qu'il sont livrés à la concurrence sans appel des mécanismes du marché. Et la dure loi de la compétitivité justifie leur absence de pitié. Au point de se demander si, parfois, la passion manifeste d'un patron pour sa propre entreprise n'est pas moindre que sa phobie des autres entreprises. Un peu comme si une mère, prétendant aimer les enfants, n'aimait en fait que les siens, animée des plus bas instincts de la génitrice, à l'exclusion de toute perception humaniste de l'avenir. C'est pourtant les enfants des autres qui constitueront l'environnement de nos fistons devenus grands, ou leur enfer. Et s'il fallait alors comparer un chef d'entreprise à une fée du logis, nous ne saurions trop lui recommander de bien faire le ménage, à condition que ce ne soit pas seulement chez lui. Pensez donc ! Si demain, toute les ménagères se mettaient à récurer, à javelliser, à aseptiser le domicile, puis se permettaient de déverser leur seau d'eau dégueulasse par la fenêtre, gare en dessous !

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