Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles
Par jean-louis
La science fait donc reculer Dieu. Elle a engagé avec lui une sorte de course poursuite, en espérant ne pas être éliminée, quand bien même elle ferait fausse route et se prendrait un tour dans la vue.
Nos systèmes inventés de toute pièce, nos théories les plus élaborées, coordonnent un nombre grandissant d'informations. A des fins utilitaires, (productivité, rendement) ces systèmes dont les mécanismes ont valeur de loi n'ont pourtant pas d'âme. Aucun d'entre eux n'est en effet conçu à l'identique du mouvement perpétuel. Les modes de production et de consommation qui nous gouvernent engendrent des déchets à n'en plus pouvoir. Les poubelles débordent et il n'est plus possible d'en refermer le couvercle. Et un couvercle ouvert ne sert plus à rien. Il n'y a plus qu'à le jeter à la poubelle. Tout ça parce que pas un seul de nos systèmes en vigueur n'a haussé la gestion de son énergie jusqu'au degré zéro du recyclage et de l'autonomie sans faille. Ce sont tous, comme les "animaux machines" de Descartes, des systèmes agissant en fonction d'un manque. Le besoin est leur raison d'être durable.
Certes, la machine vivante est un système en soi. Prétentieusement éprise d'indépendance, la machine vivante incarne un type d'organisme qui est souvent plus suffisant que se suffisant à lui-même. Mais derrière son apparente liberté, ce qui caractérise cet organisme est souvent son désir, symptôme de sa déperdition d'énergie. C'est donc victime de cette imperfection, que fuyant de toute part, une machine vivante, suant, pissant et assez chiante, doit recharger les batteries de son désir acquis. Car le boire et le manger répondent à des désirs acquis, la faim de savoir et la soif de comprendre aussi. Quant à l'autre désir, celui qui par opposition à l'acquis serait un désir inné, il n'est pas moins chiant que faisant diversion, c'est l'envie de baiser qui remonte, peu à peu comme un devoir après l'avoir rempli. Et tout ça s'équilibre pas trop mal, au gré d'une inversion symétrique : le désir acquis, correspondant à une déperdition d'énergie, nécessite de recharger les batteries. Tandis que le désir inné intime de les décharger. Comme si la digestion de la machine vivante se faisait mieux dans les entrailles d' un système supérieur à son essence mâle ou femelle.
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