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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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Retour aux sources (1)

Le boomerang Sarkozy ne m'a pas inspiré ce texte. Car Sarko le retour, c'est pas du cinéma, même si la mise en scène nous laisserait croire que c'est vrai quoi, c'est lui qui a raison. C'est lui qui le premier en a convenu, la loi du marché est aussi scélérate que les déréglementations qu'elle supervise. Et au coeur de ce bordel organisé, Monsieur Sarkozy s'y entend pour incarner le maçon au pied du mur. Le président pédagogue a enfin trouvé sa voie, sur les sentiers de l’Histoire dont l'ellipse est truffée de retours aux sources. On regrettera cependant que ce retour aux sources se soit fait sans les citer. En toute franchise en effet, si Sarkozy avait convenu qu'en tant que source, le marxisme édifiait les premiers étages de la fusée susceptible de le satelliser, ses aveux auraient été complets, et ses propos très à propos. Dommage, il a parlé, et surtout il s'est tu. Dommage et gommage. Car en ne citant pas ses sources historiques, en effaçant les traces qui vont jusqu'à lui, notre président pédagogue encourt le risque de conférer à son solo con otros la durée d'un court métrage. Raison pour laquelle il m'apparaît urgent de rectifier le tir présidentiel, en récapitulant du marxisme les étapes qui ont traversé le XX° siècle. Je livre donc à mes lecteurs les textes qui vont suivre. Il s'agit-là de textes revenants, dans la mesure ou certaines sources livresques connaissent la même destinée que les fantômes. A vous de juger :

" Contrairement au patrimoine public, un capital privé ne peut être la propriété de tous. Et contrairement à ce qu'on voudrait nous inciter à penser, le gros et le petit investisseur n'ont pratiquement aucun intérêt en commun. Pour le démontrer, il suffit de ne pas éluder la bonne question.

Qu'adviendra t'il en effet, lorsque les petits épargnants, titulaires d'une poignée de titres boursiers, tenteront de rivaliser avec les propriétaires d'un vaste capital ?

Des bases très simples en arithmétique suffisent à imaginer l'impossibilité de voir un petit capital se multiplier aussi vite qu'un gros. Il apparaît qu'à taux d'intérêts identique, l'inégalité des chances devant les revenus boursiers ne peut qu'augmenter en faveur des gros investisseurs.

Autre chose : la valeur ajoutée et la plus value. La valeur ajoutée tout d'abord. C'est la force de travail progressivement incluse dans une matière brute, pour la transformer en produit semi-fini, puis en produit fini. Un arbre, par exemple, est le produit brut mobilisant tous les métiers qui vont en faire un meuble. Le travail du bûcheron ou du menuisier concourent ainsi à l'appréciation de la matière brute.

Après la valeur ajoutée par le travail, passons à la plus value. La plus value est égale à la différence entre le prix d'achat d'un produit et son prix de vente. Ceci est vrai pour n'importe quel titre boursier, ou pour tout autre type de propriété.

En fonction de ces deux points, valeur ajoutée et plus value, les propriétaires d'un gros capital composent une minorité de bénéficiaires, qui sont traditionnellement opposés à la grande masse des travailleurs et des consommateurs.

La vision globale du processus boursier nous précipite alors vers une conclusion effarantes : des intérêts gigantesques perçus par une minorité de gros propriétaires, lesquels continuent de s'enrichir et de creuser l'écart avec la masse laborieuse, sans oublier le rôle actif du client roi ou du consommateur lors de toute opération boursière.

Mais pour se justifier sur ces deux points, indistinctement la valeur ajoutée et la plus value, les prosélytes de l'économie libérale invoquent l'entrée en bourse d'entreprises évoluant vers une gestion type actionnariat, dans lesquelles les salariés sont intéressés aux bénéfices de l'entreprise à hauteur de leur participation à son capital. Mais cette alternative au capitalisme pur et dur continue d'ignorer toute possibilité d'intéresser le consommateur aux plus values effectuées par ces grandes entreprises quand elles effectuent des transferts de capitaux entre elles. Pourtant le consommateur, ce client roi, est le partenaire incontournable des entreprises. Leur cycle de croissance dépende aussi de lui. Si le consommateur pouvait prendre une part active dans une OPA par exemple, son rôle lors de l'annonce d'une acquisition juteuse l'autoriserait à réclamer sa quote-part. En effet, la fonction du consommateur, dans une chaîne de production, consiste à la rentabiliser, à en absorber les coûts. Il concourt donc à l'appréciation de la valeur marchande des entreprises dont il est le client.

Rendu à ce stade, il faut discerner deux types de consommateurs, ou plus précisément deux types de produits de consommation. Tout d'abord, et parce que le consommateur doit avant tout investir dans des produits de base, cette première catégorie d'achat regroupe les produits de première nécessité, parce qu'ils sont vitaux. L'alimentation en est l'exemple. Elle démontre par sa quotidienneté qu'un tel type d'investissement engendre des bénéfices purement physiologiques. Mais nous pouvons étendre la notion d'investissement vital à l'achat de tout produit dont l'usure est rapide, et le déprécie trop vite pour que son acquisition corresponde à un investissement du second type. Un second type qui n'intéresse que les spéculateurs. Attention ils arrivent.

Sachant désormais qu'il n'est guère possible, pour le petit consommateur, de spéculer sur les conséquences éphémères de sa nourriture, ou d'espérer une plus value en revendant son véhicule à l'argus, il apparaît que seuls les propriétaires d'énormes capitaux peuvent spéculer, en s'appropriant la chaîne de production des produits de premières nécessité et vitaux. En quelque sorte, le propriétaire d'un empire industriel est condamné à spéculer sur des valeurs éphémères, dans la mesure où il les reproduit à volonté, et en quantité très supérieure à ses propres besoins vitaux.

La chaîne de production est donc une pomme de discorde entre ceux qui la possèdent et leurs nombreuses victimes. A ce sujet, une politique de privatisation, en se réclamant des impératifs de la croissance, avive l'incurie de la lutte des classes devant la plus value.

Mais l'image de la pomme de discorde n'est pas assez pertinente. Car si dans ce fruit les pépins sont au centre, une société ultra-libérale les éparpille à la périphérie de son système, dans quelques banlieues aux cités sans issue.

Soyons clairs. Vouloir concilier les intérêts du capital privé et l'égalité des chances devant la Bourse relève de l'hypocrisie intellectuelle.

Pourquoi ? Autant se demander pour qui la croissance est une nécessité. C'est ce que nous verrons lors du prochain texte. Patience, il infuse.

 

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