Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles
Par jean-louis
Il y a des fois où le temps ne fait que passer, pour aller d’une cause à son effet. Au premier abord personne n’en doute. Les mêmes évènements entraînent toujours des conséquences identiques, le vecteur de l’Histoire fléchant dès son origine la destination de ses dates successives. Les évènements se suivent à la queue leu leu, prouvant que la chronologie, c’est l’étude du temps à sens unique.
Certes, l’impossibilité de remonter dans le temps existe. Matériellement parlant, ce retour au passé qui a donné ses lettres de noblesse au roman de science
fiction, ce voyage a rebours des heures définitives n’est pas jouable. Sinon dans l’esprit. Admettons alors, avec le concours d’un peu de cet esprit, que la cause et son effets
apparaissent tels que des repères contre productifs pour comprendre, et pour croire que le temps ne fait que passer. Et si au contraire, ce peu de temps écoulé contenait une bonne dose
d’éternité, laquelle nous renverrait à une absence totale d’origines et de convictions premières. Par définition, l’éternité existe dans la mesure où ce qui ne doit jamais prendre fin n’a jamais
eu de commencement. C’est la moindre des politesses, et elle est universelle. Mais avec la prise de conscience de cette éternité commencent les querelles de clochers. Chaque expert défend le
sien, et le gagne pain d’un expert nourrit ses désaccords avec les autres experts. Prenons alors l’exemple du cycle de
l’eau que tout le monde connaît : un temps liquide à l’état océanique, un temps évaporée en couches atmosphériques, un temps sous forme de pluie pour arroser
les sources prétendues de son périple de haut en bas. La pesanteur veut en effet que toute cette flotte coule de haut en bas, et à force de statuer de façon convenue, tout semble couler
de source à l’égal de l’eau. La vision réaliste d’un cycle est cependant toute autre. Rien ne prouve en effet que les étendues océaniques ont précédé le phénomène d’évaporation. Et en revanche,
tout tendrait à prouver que la source d’un fleuve n’en soit que la continuité. Rien ne prouve donc qu’un cycle s’oriente de haut en bas, et que la foi en une cause et un effet soit déterminée par
un recours à l’altimètre.
Dans le même ordre d’idée, et par souci d’aviver le « double sens historique », il est souhaitable d’inclure à cette prise de conscience cyclique ce qui revient à critiquer la notion de faute originelle. Tous ceux qui se sont déjà tapés les uns les autres le savent, et savent en jouer. En cas de procès, chacun se défend autant qu’il s’est bien battu, pour prétendre que c’est pas lui qui a commencé. C’est toujours la faute de l’autre quand ça dégénère. Et admettre ses torts n’a jamais été dans l’air du temps qui ne fait que passer.
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