Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles
BONNE ANNEE 2009
Sur fond de crise soyez heureux. Soyez solidaires. Soyez économes mais n’allez pas forcément au moins cher, puisqu’on nous dit que l’avarice pourrait aggraver la crise. Soyez donc bons payeurs et réglez bien vos dettes. Ayez confiance et surtout… ne vous fiez plus aux cons. Car pour sortir de cette crise inhérente à l’abondance des subprimes et des crédits à taux d’usure variable, il va falloir tuer la poule aux œufs pourris.
Au cours de 2008, une bulle spéculative sans précédent a fait partir les tabous en éclats. Bulle puante à l’odeur indicible, qui donc a dit que l’argent n’en avait pas.
L’argent trop cher, comme le chantait Auber, ce pognon-là qui ne sert plus les échanges mais asservit les travailleurs, les vrais, ce fric maudit a une odeur authentique d’œuf pourri labellisé, et de bulle indécente en société.
En règle générale, le spéculateur s’enrichit en coinçant la bulle. Pardon pour ce jeu de mot débile, mais à quoi bon forcer le trait. Et jusqu’à ce que cette bulle pète, elle est en odeur de sainteté. Même les papes n’y trouvent rien à redire, en bons vivants qu’ils sont, et en jetant l'anathème sur les commandements d’une contraception salutaire. Sans oublier la religion des saints patrons persistante, spéculative elle aussi, c’est sur le dos des travailleurs qu’elle leur intime de croître et de multiplier, bandes de cons, proliférez autant que des lapins smicards, plus vous serez nombreux à vous concurrencer, et plus il sera loisible de vous payer en monnaie de singe.
Tout règlement de compte fait, cette tragédie financière de 2008 aurait pu être moralement bénéfique par la suite. Nous en voulons pour preuve la soudaine prise de conscience des candides, prêts à se battre pour dénoncer, et surtout pour défoncer les portes ouvertes de toutes les places boursières.
M’est avis cependant qu’en dépit des bonnes résolutions à l’aune d’un 2009 mieux réglementé, ça va continuer comme avent. On prendra les mêmes pour recommencer. On fera du neuf avec du vieux. Un coup de barre et ça repart, mais je ne vous appelle pas de Mars.
Ici la terre, où depuis quelques jours le bruit court. Selon lequel une poignée de néo-spéculateurs incorrigibles aurait été identifiée la main dans le sac. En d’autres termes, ces salauds-là seraient déjà en train de fomenter les conditions d’une nouvelle bulle spéculative, menaçant d’éclater d’ici deux ou trois bonnes années. Et rien n’est véritablement fait pour contrecarrer la perfidie de leur dessein.
Il serait pourtant aussi aisé que pertinent de repérer clairement de tels loustics. Disons le carrément et sans exagérer, un spéculateur est un criminel, et le contexte de la crise implique que son forfait soit un crime de guerre économique.
Sans simplifier trop cruellement la machine de guerre de ces intouchables, (intouchables au sens capitaliste du terme, pas en dessous, mais au dessus des lois), disons que leur machine de guerre consiste à provoquer suffisamment de conflits pour écouler les stocks d’armement, et puis ensuite, il suffit à ces intouchables de se rendre indispensables à la tête des grands projets de reconstruction. Et la boucle est bouclée quand un intouchable a vendu autant de mines antipersonnelles que de prothèses pour les victimes qu’il aura concouru à estropier.
Ces intouchables sont des criminels de guerre économique, et je suis prêt à le redire dans l’urgence, aussi souvent que leur mainmise sur l’économie fera rôder la précarité, la misère et la mort.
Sans le crash boursier de 1929, la seconde guerre mondiale n’aurait pas eu lieu. Des millions de morts auraient ainsi pu être évités, et convenons qu’un génocide en moins, ça mange pas de pain.
Bande de salauds. Ils me feraient copier des millions de fois qu’un bon spéculateur est un criminel de guerre économique. Ce à quoi je rajouterais ce que
je leur souhaite en bonne et due forme, soit l’équivalent historique d’un certain Procès de Nuremberg.
MEILLEURS VŒUX A VOUS AUTRES