Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles
Réforme, réforme, réforme, l’épuisante ritournelle, dans le genre travailler plus pour dépenser plus. C’est le cas de le dire, la charité n’est plus ce qu’elle était, elle se fout enfin de l’hôpital, et sans rire vous nous dites, Mesdames et Messieurs les ministres, que ces hôpitaux devront eux aussi passer sous le rouleaux compresseur des réformes et de l’austérité.
Certes,
l’hôpital coûte cher, de plus en plus cher. Et vous nous
dites que ces grands centres médicalisés nécessitent à leur tête un gestionnaire professionnel, un
homme à poigne digne de garantir l’équilibre entre les dépenses et les recettes d’un hôpital qui, dans le cas où vous auriez raison, fera l’objet
d’un examen soigneusement orchestré de son personnel évoluant à flux tendu de service en service, sait-on jamais que l’économie d’une consultation dans l’antichambre de la mort équilibre le livre des comptes de votre hosto au diagnostic vital annoncé.
La bonne
santé de cette comptabilité à laquelle vous aspirez n’est pourtant pas le monopole des libéraux, loin s’en faut. Car les récents événements l’ont prouvé, le libéralisme autant que la doctrine de
l’offre alignée sur la demande n’a régulé quoi que ce soit depuis des lustres. Une telle doctrine politique correspondrait plutôt au balbutiement scolaire de la science économique si c’en est
une. Et les communistes les plus à l’extrémité de l’aile trotskiste ne vous ont pas attendus pour convenir, en toute logique, qu’un équilibre des comptes dûment exhaustif, c’est comme un budget
établi dans le respect de l’équité élémentaire, c’est donc une ambition fort compliquée à perte de vue, et beaucoup plus ardue à envisager que le laisser aller de la loi du marché.
Mesdames et Messieurs les ministres, ma
question sera aussi simple que possible. Quelles sont, selon vous, les causes indirectes de l’augmentation des frais d’hospitalisation et d’un
déficit inhérent, sinon la hausse du coût de la vie en règle générale, hausse que nous savons devoir à nos chers et onéreux spéculateurs ? Ajoutons y un peu de sens de l’arnaque du côté de
l’industrie pharmaceutique, et la flambée des frais médicaux, eux aussi inhérents à l’ébullition des cotations boursières, atteint le malade en plein sommeil, qui croit rêver en voyant le loyer
de sa chambre d’hôpital augmenter comme tous les autres types de loyer, tout simplement parce qu’on ne sait plus très bien à cause de qui ou de quoi la vie à t’elle besoin
d’augmenter.
Mesdames et Messieurs les ministres, un conseil : Ne soyez pas trop impatients avec les patients ; ils finiraient de ronger leur frein tellement vous en avez déjà exclus, et en bien d’autres circonstances qu’à l’accès des urgences.