Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles
Le discours des libéraux est relativement aussi lassant que celui de leurs opposants. Mais force est d’admettre que tout rapport de force s’impose comme tel, et que ce soit en politique ou à l’occasion d’autres débats, les munitions de la parole tarabustent le camps adverse et réciproquement, tant il est vrai que les communistes ne sont pas les seuls à tirer à boulets rouges.
L’une contre l’autre, ou l’une dans l’autre comme l’œuf et la poule de la question des origines, les politiques contradictoires en plein essor, il y a longtemps de cela, ont connu des débuts symétriques, et par le biais de cette rivalité spontanée, leur mise en concurrence est peu de chose en regard de leur manie commune, consistant à tout miser sur la concurrence, manie qui leur permet d’ailleurs de conserver leur fraîcheur de débutantes.
Mais compte tenu du fait que sans adversité il n’y a pas de performance envisageable, sans rejet possible il n’y a pas d’espoir de greffe, sans anticyclone il n’y a pas de cycle, et la loi des contraires voit évidemment plus loin que la météo, que sans dépression il n’y a pas de médicament stimulant à générer.
Autant dire que même générique, la loi du marché se résume à s’engouffrer passivement dans les zones de dépressions à conquérir. Cette loi du marché est donc à l’économie ce que l’œuf est à la poule. La différence étant manifestement de taille, reste que du coq à la coquille, mieux vaut un œuf de poule d’eau que celui d’une poule mouillée, et trêve de vain jeu de mots, un peu de couilles bordel ! dieu sait qu’il en faut pour dire, et redire, que le gigantisme a toujours besoin de plus petit que lui, au même titre que dans la fable « Le lion et le rat », c’est le plus petit des deux qui ne se contente pas de ronger son frein, en libérant le roi des animaux prisonnier de ses préjugés.
Le gigantisme promu par quelques gros actionnaires qui n’en ont jamais assez est un leurre. Et là encore la différence est de taille, entre l’esprit carcéral des multinationales d’une part, et l’âme authentiquement libérale d’une entreprise à dimension familiale.
Mille fois hélas, dire et rappeler que la spéculation est un fléau mondial, c’est également convenir qu’au gré d’un discours imagé, une poule mouillée est davantage parente de l’omelette que de l’œuf, quant aux poules qui en ont, elles auront la nostalgie d’une taille XXL modestement à leur image, aux profondeurs éventuellement matriarcales, et proportionnellement aux dimensions familiales.
Concrètement ? Quel dommage ! Et comme il est désormais regrettable de pouvoir acheter les magazines et la presse quotidienne dans les supermarchés et autres grandes surfaces de la spéculation. Cette innovation mercantile ne datant que de quelques années, elle a cependant coïncidé avec un manque à gagner pour les petits distributeurs de la presse dans leurs petits quartiers.
Pendant ce temps, petits petits…susurrent les marchands de sable pour nous attirer dans leur temple de la grande distribution. Et m’est avis qu’à défaut de pouvoir les en virer, le boycotter de temps en temps ferait loi.