Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles
Politiques, Questions au gouvernements, et maintenant, cette rubrique ou ce chapitre pour dire aussi, que si du point du vue de la philosophie, toute idée est bonne par essence, l’opportunisme quant à lui multiplie les contresens, chaque fois qu’il fait de ces idées mauvais usage, par l’attribution de cet outillage intellectuel au cercle restreint des décideurs et des technocrates.
Tous nos politiciens bricolent bien. Qu’ils soient de droite ou de
gauche, ils s’adonnent depuis des décennies à la reproduction du schéma social, avec riches et pauvres non confondus, et avec la croissance des hautes distinctions qui augmentent les écarts entre
la base et les sommets de la pyramide sociale. Il apparaît ainsi que cette hiérarchisation inversée des revenus atteint les sommets de la
précarisation pour les plus méritants, pour les travailleurs les plus aliénés à un petit boulot sans intérêt, tandis que les privilèges échoient au petit cercle des plus fortunés. Et en regard de
ce système, qui marche la tête en bas, le premier ministre 2009 persiste et signe, en nous bricolant une politique de paupérisation de la masse salariale, et en perpétuant la suppression des
emplois dans la fonction publique, au prétexte humiliant de réduire les déficits de l’Etat.
Mais depuis le temps qu’on nous saoule de théories ultra libérale, en précisant que ce n’est pas à l’Etat de créer des emplois, mais aux secteurs du privé, nous attendons toujours que les multinationales prennent le relais de cet Etat, Etat devenu tellement chétif que sa fonction réduite à la portion congrue consiste à policer une société aux seules fins de sécuriser les acquis des plus fortunés.
Il y a pourtant tout lieu de se demander si les plus assistés de notre système ne sont pas les plus riches, eux dont la force de travail est inversement proportionnelle à celle de la masse salariale qu’ils exploitent plus qu’ils ne l’emploient. Et nous atteignons de la sorte les limites périphériques d’un cercle vicieux, nous dépassons les bornes temporelles d’une centrifugeuse qui éparpille le produit industriel brut dans les escarcelles de quelques riches assistés. Et sauf à être payé pour être de mauvaise foi, force est d’admettre que le secteur privé ainsi décrit est une bonne planque pour l’argent détourné des circuits républicains, dont les caisses de l’Etat serait le passage obligé.
Hélas, pour que les caisses de l’Etat se remplissent, pour que les déficits soient comblés, encore faudrait-il ne pas confondre politique et bricolage des profits. Mesdames et Messieurs les politiciens, en vérité, le fait d’avoir été élus vous condamne à représenter la majorité effective de la nation, c'est-à-dire la masse des travailleurs et des consommateurs sans lesquels la haute société ne pourrait être assisté au prorata de ses dividendes innommables.
On ne comble pas les déficits en question, en confondant productivité et privatisation de l’industrie. C’est au contraire par l’étatisation des secteurs ayant vocation d’enrichir ceux qu’il emploie, que l’Etat remplira ses caisses, dans la mesure où la sécurité de l’emploi encourage la masse salariale à consommer, lui conférant de la sorte une part active dans l’équilibre des dépenses et des recettes.
Mesdames et Messieurs les politiciens, foin de déficit imaginaire. Parlons plutôt de déficit concret et de ses causes réelles. Ce n’est pas la rétribution des fonctionnaires qui vide sensiblement les caisses de l’Etat, puisque en tant que consommateurs ils pourraient les remplir tout autant. Mais quel dommage, quel dommage que les dépenses de l’Etat ne puissent être compensées par les dépenses des ménages. Quel dommage que les bonnes questions ne soient ouvertement posées. Quel dommage que nous ne puissions y répondre en toute clarté, que l’argent manquant dans les caisses de l’Etat se trouve forcément ailleurs. Quel dommage que les responsables et les coupables ne soient pas dans la même galère !
Mesdames et Messieurs les politiciens, en préférant à la sécurité de l’emploi la sécurisation de la précarité, vous ne faites que policer le monde du travail au profit de quelques polissons trop assistés par leurs avocats.