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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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My taylor is rich

 

         On nous dit que la douce France doit s’incliner  face aux règles édictées par Bruxelles la belle. Mais qui ça, «on » ? Vous, Mesdames et Messieurs les dirigeants ! Vous au pluriel et trop polis pour êtres honnêtes avec vous-même. Vous les collaborateurs zélés de la production de masse anonyme. Et vous nous dites que la France doit s’adapter à la mondialisation, sous peine de s’isoler. Que la France doit moutonner et tant pis, tant pis si les troupeaux de la délocalisation sont le prix à payer aux vampires gloutons et apatrides.

         L’avidité de ceux dont vous vous faites les avocats a mis au monde une sorte d’enfant hyperactif et intraitable. Mais les grands enfants hélas, font de petits adultes. Et sans l’acné juvénile qui lui servait d’alibi, cet adulte souffre d’un manque affectif qui se regarde dans la glace. Il s’y reflète trop séduisant, plein de promesses qui ont de qui tenir, sans jamais les tenir. Et c’est dans ce miroir que la France d’en haut réfléchit celle d’en bas. Elle s’y noie, narcissique dépourvue de passé. 

         Mais il fut un temps où la France avait pied. Quand elle se reconnaissait dans son rôle de précurseur au lieu de moutonner. Malheureusement, il semblerait que cette France là, forte de ses Lumières et de sa liberté de penser, vivant pleinement ses contradictions par souci de tolérance, ait cédé son espace vital à la pensée unique, uniquement convergente dans le miroir de la connerie.

         De part et d’autre de ce miroir, la France d’en haut et la France d’en bas. Ont t’elles trop rayonné ? Ont t’elles trop perdu de leur énergie identitaire, pour qu’à présent, ce rayonnement s’effondre sur lui-même à l’image d’un trou noir, étoile dont la densité est si immense, que plus rien n’échappe à sa force d’attraction, pas même la lumière ? Auquel cas, il reste l’éclairage artificiel de la mondialisation pour nous allumer. Et on ne nous en prive pas.

         Les feux de l’hyperactivité mondiale permettent donc à feue la France d’en haut et la France d’en bas de se regarder le nombril miroitant. Tout converge vers lui. Tout ce qui est contradictoire et donnait vie à ce pays.

         Mais cette nation n’est plus grande quand elle n’est plus opposée à elle-même. Quand elle s’effondre, prise dans la glace du moutonnage narcissique.

         Dans la mythologie grecque,  Narcisse était beau gosse, un grand enfant mais tout petit adulte, la preuve qu’il était petit, c’est qu’il a perdu pied sitôt qu’il a plongé vers son reflet amoureux, dans l’onde dont il s’abreuvait.

         Et bien qu’aujourd’hui encore, le narcissisme veuille dire ce qu’il veut bien nous dire dans le miroir altéré de la connerie, les forces opposables s’attirent plus qu’il n’en faut. Con sensuel, l’Hexagone d'en haut et l’Hexagone d’en bas se chérissent. Ils ne savent plus très bien qui de l’un ou de l’autre réfléchit le plus, ou le mieux, lorsque d’un côté, il y a des employeurs aussi rares que riches comme Crésus, et que de l’autre côté, il y a de nombreux employables, pauvres comme ou sans job.

         Certes, il n’y a pas de sot métier. Mais des salaires complètement cons, vous en trouverez toujours, des trop gros comme des trop petits, tout dépend bien sûr de quel côté du miroir votre situation s’établit. Et ce n’est pas Monsieur Taylor qui me contredira, lui à qui l’on doit la parcellisation du travail à outrance, du travail à la chaîne pour cause de rentabilité extrême. Grâce à Frederick Winslow Taylor en effet, et puis ensuite grâce à  Henry Ford qui, comme son nom l’indique, poussa le taylorisme  tout le long de ses chaînes de production de bagnoles, grâce à des exploitants de cet acabit, l’ouvrier voit souvent sa tâche réduite à l’exécution d’un geste infiniment petit, mais infiniment répétitif. Et simultanément, grâce à cet ouvrier disqualifié, la France d’en haut voit tout en grand, d’autant plus grand que le miroir se donne raison.

         Narcisse noyé, seul les naïades l’ont pleuré.

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