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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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A fleur de flots

 

          A l'autre extrêmité de cette nouvelle rubrique dévolue au thème de la comparaison, il faudra que je pense à écrire un texte dans le genre de celui-ci, presque le même au bout du compte, au point de s'y méprendre. Naturellement cette rubrique fait suite à ce qui a déjà été dit dans les précédentes, de la une à la sept, comme de la terre à la lune, au sujet de la chute universelle des corps. Galilée et son penchant pour la tour de Pise, Newton et la légende d'une pomme qui tombe à pic, l'histoire sans fin d'une vitesse partagée, appropriée pour expliquer la mise en place des systèmes planétaires. Les corps célestes s'attirent en fonction de leurs masses, au gré de la caresse des années lumière, ultime rapproché des amants galactiques. Mais de l'amant à l'amante, il se trouve  forcément un centre de gravité en commun, à moins qu'ils ne partagent la même ligne de flottaison, et puis aussi quelques ballasts pour couler ensemble.

 

          Et cette frêle embarcation a une haute idée d'elle même. Ecce homo, voici l'Homme, homo sweet home, ici la terre, hole sweet hole et trou perdu dans le fin fond des galaxies multipolaires.

         

          La terre vaisseau spatiale, s'il faut  la comparer à l'homme et à la femme pour une embarcation spéciale, c'est aussi pour ne pas faire trop l'animal, lequel compare les différences et s'en démarque. Un animal ne sait pas qu'il sait, contrairement à homo sapiens sapiens. Un animal n'a jamais vu son image inversée dans un miroir. Et le cas échéant, il croit y voir un autre, au mieux un congénère. C'est d'ailleurs parce que l'animal ne s'est jamais vu, jamais reconnu, que sa faculté de comparer s'alliène aux différences flagrantes, formellement limitées par la notion d'utilité. Un peu comme nous, sous hommes de notre rêve éveillé, piégés par le souci quotidien de vivre passagèrement.

 

          Mais à tout bien comparer, au délà du paraître et du disparaître, et à commencer ou à finir par les similitudes, en allant des hémisphères cérébraux jusqu'au centre de la terre se demander où est la ligne de flottaison du cerveau humain, son équateur, et répondre que peut-être, à l'image d'un vrai billet plongé dans un miroir, le faux billet en valide l'impression. Somme toute, ce qui fait qu'un billet est plus ou moins vrai ou faux, c'est la bonne ou la mauvaise spéculation à laquelle certains petits malins se livrent sur son dos. Et il a bon dos, l'objet du délire ! Car si à l'origine, c'est la planche qui fait le billet, une fois rendu à la ligne de flottaison, c'est le billet qui fait la planche. 


                                         Texte 1
                                                Rubrique 8

                                

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