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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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décroissance

 

Décroissance, le bien nommé bimensuel, aux pages grandes ouvertes sur des réflexions contrastées d’avant-garde. Et puis décroissance, le titre de ce texte minuscule, dans ce vaste monde de la culture universelle où la concurrence est aussi saine qu’elle est rude.

 

Au moment d’enregistrer ce texte sur mon blog, j’ai opté pour ma rubrique des sports, un peu parce que le Tour de France 2009 a commencé hier, prologue à Monaco, et passage obligé sur le circuit de Formule 1. Y a-t-il un Schumacher dans le peloton, oui. Aussi allemand que l’autre, tout monégasque soit-il.

 

Quand je pense au vélo, je pense aussi à Jeannie Longo, tsarine de la petite reine, as de sa discipline. C’est quoi, le féminin d’un as, en tout cas pas une has been.

 

Et comme la fringale est au coureur ce que la panne est au moteur, je limite ma consommation en graisse, l’excès de poids étant au coureur sa pédale de frein. Je fais aussi la chasse aux sucres à assimilation trop rapide, depuis que les diététiciens sont tombés d’accord avec moi, à moins que ce ne soit le contraire, à savoir qu’alimenté en sucres lents, plus vite va le moteur longtemps. Et comprenne qui pourra que même quand j’ai les crocs, un régime trop carné me débecqueterait. Pas trop de viande, et ne pas trop penser aux poulets élevés en batterie, serrés comme des sardines sauf que les sardines n’ont pas d’ailes, tandis que les poulets de batterie endurent un tel carcan, qu’ils n’y ont pas la place de déployer leurs ailes une seule fois dans la vie.

 

L’industrie agro alimentaire me donne la fringale. J’ai l’impression qu’elle me bouffe plutôt qu’elle me nourrit. Avez-vous déjà mangé une aile de poulet de batterie, c’est plein d’os et sans viande, régime végétarien garanti. Pour qu’un animal d’élevage fasse de la viande, il faut qu’il fasse du sport, du muscle et pas de la gonflette. C’est pareil que dans le domaine de la culture, aussi bien celle de la terre que l’autre, la culture qui met en concurrence les gens bien élevés sans hormone.

 

L’industrie agro alimentaire me donne la nausée. C’est pas que j’ai pas faim, un chroniqueur du journal Décroissance m’aurait bien mis en appétit ce matin, semant sous sa plume l’aliment noble du poulet « bicyclette », le poulet élevé au grain, graine de champion de la route et de la liberté des bas côtés. Pas comme toutes ces sardines, lubrifiées en boîte pour réduire les effets du frottement et de la promiscuité. La mécanique, ça me connaît. Mais l’industrie agro alimentaire, ça me fait doucement rigoler. Tous ces braves businessmen en campagne, et qui en perdent le sommeil à force de compter les pattes de leur cheptel, moutons, veaux, vaches, cochons, cochon toi-même, t’en n’as jamais assez.

 

Tous ces braves businessmen partis en campagne les uns contre les autres, parce que la guerre économique est au crétin ce que l’adrénaline est à l’esprit de compétition mal placé.

 

L’esprit de compétition n’est plus ce qu’il était, un esprit sain dans un corps sain. Même le poulet, pourtant, avait ce droit de déployer ses ailerons afin d’équilibrer sa gambade aérodynamique. La biomécanique, ça me connaît. Le poulet « bicyclette » est au petit commerce ce que le poulet de batterie est à la grande surface. Et pour que vive le commerce de proximité, il faut que meurt le commerce de promiscuité. Et les caddies, qu’est-ce qu’on en fait ? On fera des courses, avec ? Ben oui ! C’est étudié pour. Une bonne petite course de caddies sur le circuit de Monaco, chacun pour soi ou en relais, et port du casque facultatif. Et le premier qui triche sera le dernier.

 

Esprit de compétition, es-tu là… Alors inspire les hommes et les femmes de bonne volonté. Toujours plus haut, toujours plus vite, toujours plus fort, mais pour de vrai. La compétition est une mise en scène commune à l’univers sportif et à celui de la culture. Sur les chemins de la performance athlétique ou théâtrale, elle connecte les neurones entre eux et ne voudrait en oublier aucun, afin que tous ils soient sauvés, afin que tout soit accompli dans ton esprit, un esprit de corps sain. Et arrête de nous emmerder avec ce tas de multinationales envahissantes, ces imposteurs qui se livrent en ton nom une guerre sans merci, et dont le public fait les frais. Car la vraie compétition, elle, est affaire de particulier à particulier Ils se mettent en scène comme des artistes ou des athlètes que la vie met en compétition, complices du rendement idéal et d’une perfection inaccessible, mais à laquelle ils ne veulent surtout pas tourner le dos. Leur public est devant, est il est éclectique. Il aime tout, sauf un spectacle dont il ferait les frais.

 

Esprit de compétition, les particuliers sont nombreux, et ceux qui s’adressent à toi sont des prieurs particuliers. Faites que je gagne, te demandent-ils et toi, tu leurs réponds : A vos ordres, prêts, partez ; que le meilleur l’emporte, le juste prix.

 

Et moi le quotidien ne me suffit pas, alors je retourne à la lecture de mon bimensuel préféré, deux euros seulement.  

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