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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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Avé l'eau minérale... (2)

eddy.jpg  Il était une fois, un an plus tôt " ... le souvenir du plus grand coureur de tous les temps. Et il se trouva que cet as des as fut enrubé comme vous et boi. Et pour se déboucher les deux narines, il pensa comme vous et moi à recourir à de l'éphédrine, un produit pharmaceutique qui ne débouche pourtant pas que les nasaux, sans quoi il s'agirait d'un remède de cheval. Mais tout sauf ça, l'éphédrine guérisseuse des rhinites de l'homme de la rue est inscrite sur la liste des produits interdits aux athlètes, par conséquent voilà une substance dont les forçats de la route n'ont pas le droit d'user sans être aussitôt accusés de dopage.
Une autre fois, c'est l'E.P.O qui se trouva sur la sellette. Il est vrai que les champions qui se shootent avec ce machin-là grimpent, dans le jargon cycliste, plus vite aux arbres que nos lointains ancêtres en sont descendus, il y a quelques millions d'années avant ce jour (le 30 août 2006). Car depuis que les remèdes de nos grand-mères existent, le dopage lui aussi a évolué, se reposant sur la théorie de Darwin selon lequel les tricheurs ont toujours le vent en poupe un peu plus tôt que les gendarmes, d'où l'expression mettre les voiles. 
Mais on ne peut évoquer l' E.P.O sans évoquer la loi qui en régule l'usage. En fait, cette loi n'interdit pas le dopage, elle l'encouragerait même dans les limites de la raison, attendu que cette loi permet aux sportifs usant de l' E.P.O d'élever grâce à cette substance leur taux sanguin de globules rouges à hauteur de cinquante pour cent. Mais quand on sait que les globules rouges pourvoient abondamment le muscle en oxygène, alors que l'homme de la rue présente un taux naturel de ces globules avoisinant les trente huit pour cent, il apparaît que la tricherie évidente légalise un seuil de tolérance de plus de dix pour cent supérieur à la normale, juste de quoi grimper aux arbres, mais seulement jusqu'aux premières branches, réputées les plus solides et les plus sûres."
Un an plus tard, quand bien même la lutte anti-dopage battrait vraiment son plein, certains remèdes de cheval sont toujours aussi susceptibles de l'achever. Et le plus gênant dans l'affaire, c'est le préjudice financier vécu par ceux qui, faute de substances illicites, franchissent une ligne d'arrivée qui n'a plus de prix, ni de gloire factice. Mais si partout dans le monde, la triche permettait de transformer un âne en cheval de course, ça se saurait quand même ! Balzac sans ses litres de café journaliers, un âne ? Les grands groupes de rock sans le LSD, les ânes des sixties ?  Et ne dit-on pas dans un tout autre jargon que celui du sport, que l'important c'est de doper l'économie ? Hors à qui donc essentiellement, profite cette foire de la croissance et des hormones du même nom ?
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