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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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Retour aux sources (3)

Actualité oblige, aujourd’hui R.A.S ; rien à signaler. R.A.S  comme dans ras le bol. Fatigué des mauvaises nouvelles conséquentes de la crise. Et ras le bol aussi du combat des cheftaines  en quête du  poste de premier secrétaire du Parti Socialiste. Les intrigues dans les alcôves du pouvoir ont cédé la place au lynchage public, et à de ridicules altercations qui auront pour effet de déstabiliser la base des militants de tout bord. A croire que la recherche du pouvoir est  soluble dans ce qu’on y trouve, un plaisir souvent mesquin et incompatible avec les enjeux collectifs. Donc aujourd’hui nous ne ferons aucun  commentaire relatif à ces querelles de clochers. Et tant qu’à rechercher, mieux vaut que ce soit des solutions plausibles, mieux vaut le pouvoir de chercher, que le pouvoir de se chercher des noises.

Les textes précédents nous ont d’ailleurs permis de faire un tour d’horizon exhaustif pour commencer d’en finir avec les raisons de la crise. Avec une bonne dose de marxisme et une pincée de sarkozysme, on a en effet la recette d’une mondialisation enfin régulée, à méditer à feu doux, comme tout ce qui mijote et se prépare longtemps à l’avance.

Un autre encore qui mijotait quelque chose d’inouïe, Thomas Malthus. Car cet économiste britannique a laissé quelques choix dans le menu du jour. En tout cas tel que me le raconte mon encyclopédie, « la postérité intellectuelle de Malthus s’est prolongée jusqu’à nos jours ».Mais un tel disparu n’est pas untel. Malthus intègre au contraire le cercle des théoriciens que la tradition voit mieux en chaire qu’en os. Si bien que l’esprit de Malthus plane comme jamais sur le menu du jour, comme entre fromage et dessert ou que dalle.

            L’état d’esprit de ce grand breton n’était pourtant pas à la fête, établissant le lien de cause à effet entre surpopulation et pauvreté affamante. Et pour le paraphraser, sans doute est-il opportun de préciser qu’entre fromage et dessert ou que dalle, il y a autant de raccourci à trouver qu’entre le Fouquet’s et la soupe populaire.

            Hélas, tout le monde ne connaît pas Malthus, et pour cause. Tout est fait pour qu’on l’oublie, pour qu’on occulte sa critique de la démographie incontrôlée, sujet tabou et biaisé par les politiques dégonflées. Alors certaines âmes bien pensantes préfèrent continuer de croire que plus l’espèce humaine se multipliera, et plus il y aura de main-d’œuvre bon marché pour produire à bouffer pas cher. Alors on oublie que la terre est une peau de chagrin pour qui n’a que les os sous le cuir, et on oublie aussi que dans tout autre domaine que celui de l’exploitation de l’homme, l’idée d’accroître un stock déjà saturé ne viendrait à personne.

            Et nous en sommes là, à nous rouler les uns les autres, pare choc contre pare choc, loin de l’époque où les premiers tacots ne stagnaient pas dans l’ornière, tant y circuler cahin cahan représentait un luxe de privilégiés.

            A présent, on nous laisserait plutôt dans la crainte d’une baisse du taux de natalité. Le déclin démographique est en effet la hantise du Grand Patronat,  qui perçoit d’ores et déjà dans cette décroissance la nette diminution de la main d’œuvre disponible, laquelle pourrait exiger une hausse des salaires inhérente à sa raréfaction.. Mais étant donné que ce qui est rare est cher, le trop grand nombre quant à lui doit répondre présent, notamment quand il importe de l’endoctriner, et de l’inciter à craindre que plus la quantité de main d’œuvre diminuerait, plus la production baisserait  et réduirait l’accès aux biens de consommation. C’est pourtant faux !

            Archi faux ! Premièrement, parce qu’une population moins nombreuse absorberait une quantité moindre de ces biens de consommation, en retour de quoi elle ne pourrait souffrir  d’une limitation proportionnelle de tel ou tel stock. Et deuxièmement, petit a, petit b, et petit c.

a)      La mécanisation et l’automatisation de nombreux modes de production ont sensiblement modifié l’intervention humaine. Il est ainsi possible de produire autant, sinon davantage et plus rapidement que par le passé. En témoignent tous ces plans sociaux qui n’entravent absolument pas l’approvisionnement des stocks.

b)      Si la production annuelle d’un pays est supérieure à la production de l’année précédente, nous avons alors affaire à un taux de croissance positive qui devrait se traduire par une élévation du niveau de vie, à préciser toutefois que les conditions de partage doivent rester stables. Dans le cas contraire, quand la croissance démographique vient absorber les retombées de la croissance économique, ça pourrait même être pire. Prenez donc par exemple un gâteau deux fois plus gros que celui de l’année dernière, et partagez-le en fonction d’un nombre de convives quatre fois plus grand qu’il y a un an. Joyeux anniversaire, enfants de Malthus.

c)      Le mieux consiste, d’une année sur l’autre, à diviser un gâteau en portions de plus en plus équitables, par un nombre d’invités sensiblement en baisse.

d)      Malheureusement, ce petit  "d"  venu de nulle part ne semble en faire qu’à sa guise. Moins dirigiste que lui tu meurs. Et ce petit  "d"  nous jette déjà à la figure les neuf milliards de terriens prévus à l’horizon 2050. Ce petit  "d"  invite la génération de ce temps-là à se prendre sérieusement en main, à défaut de celle que personne ne lui aura tendu franchement. Car cette génération-là n’aura pas le choix. Elle devra coûte que coûte réfréner ses instincts reproducteurs et surproducteurs. Et pour que la stabilisation de sa production industrielle corresponde néanmoins à un taux de croissance économique positif, autrement dit à une élévation de son niveau de vie, cette génération-là devra méthodiquement adhérer à un programme de dénatalité. Si dans ce cas, la production de richesses reste effectivement stable, alors un taux de croissance économique égal à zéro, d’un point de vue arithmétique, sera pourtant plus que positif sur le plan humain, dans la mesure où à la décroissance démographique correspondra un accroissement de la part individuelle, camembert des statistiques à l’appui.

Jusqu’au jour où la population mondiale aura diminué de moitié, et ne pourra plus rétrécir indéfiniment...Mais d’ici là, le stock des solutions autres que celle de la croissance matérialiste reste à pourvoir.

                                                                                          

   

 

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