Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles
Par jean-louis
L’Histoire a t
elle ses oubliettes ? L’avenir nous le dira. Toujours est-il que la traversée des siècles privée du zoom des témoignages en devenir, c’est fort regrettable.
Car si le passé peut s’apprivoiser, vouloir le domestiquer relèverait de la gageure. Ce passé est aussi fuyant que le vrai monde est chaotique, aussi farouche et camouflé, avec ses zones d’ombres et de chiffres en friches, aussi sauvage que nécessaire pour échapper aux préjugés de l’obscurantisme. Et de ce fait rien n’est révélateur du sens d’une époque tant que l’historien, même le mieux noté, même le moins menotté, se contente d’en égrener la docilité de quelques dates politiquement correctes.
En outre l’Histoire telle qu’elle est souvent diffusée, vulgarisée, retient les noms des puissants de ce monde qui l’ont écrite, semble t’il à eux seul et pour les beaux yeux de la postérité. Quant au peuple, c’est bien connu, il est un peu con sur les bords et fréquemment, il a signé d’une croix le quotidien d’une existence sans chronique. Si bien que dans les termes de sa passivité décisive, le peuple est l’esclave consentant vis-à-vis de l’élite pensive. Et il ressort de ce songe ordinaire quelques préjugés dont un vocabulaire sans frontière a hérité. Ainsi en est-il du mot « slave », qui désigne certains peuples de l’est de l’Europe dont Dostoïevski et Tolstoï ont amplement traduit l’état d’esprit, fortement empreint de fatalisme.
Quant au mot slave dans la langue de Shakespeare, être ou ne pas être l’esclave qu’il désigne, telle est la question. Un esclave désormais sans histoire, libre de ne plus signer d’une croix quoi que ce soit ; l’abstentionniste suffisamment instruit qui ne croit plus en rien.
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