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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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Abraham et les autres

C'est bien joli de parler de recyclage de tous les déchets, sans exception aucune, reste que cela nous ramène à la mystique du mouvement perpétuel, lequel malheureusement dépasse l'entendement des mortels. Car un être éphémère, inéluctablement sans point d'appui dans l'étau infini du néant, ne peut parler sans fin d'un système universellement dépourvu de cause, hormis cette cause pseudonyme d'une vaste inconséquence. Le mouvement perpétuel est ce miroir tuant Narcisse quand son reflet le trouble. Il faudrait en parler comme Levinas l'a démonté avec un peu de philosophie, prouvant que l'Homme à l'image de son Dieu serait doué d'une conscience infinie. Une conscience qui dépasse donc de loin les intérêts charnels et vitaux des générations. Selon Levinas, aussitôt que l'Homme commet l'acte honorable de s'oublier, il devient altruiste et par voie de conséquence, tout l'intéresse du passé à l'avenir les plus lointains, et tout le préoccupe davantage que les limites de son propre voyage. En ce sens, l'Homme n'est pas doué d'une conscience infinie, il est doué d'une conscience DE l'infini, toute la nuance est là, qui inscrit cet Homme dans la même oeuvre que Dieu à la recherche de son achèvement. Levinas nous en dira tant, qu'entre autre il a évoqué cette inquiétude susceptible de devenir collective, dès lors que les scientifiques nous ont fourré dans le crâne la certitude que le soleil allait s'éteindre dans quelques millions d'années. Auquel cas, manifestement, le péril n'est pas pour demain, et à cet effet, le pragmatisme voudrait qu'aux confins d'un délai aussi peu alarmant, plus rien ne nous inquiète hormis l'achat immédiat d'une crème solaire protectrice. Mais non, l'Homme est ainsi fait, il est ainsi l'achèvement de l'oeuvre de Dieu, aussitôt que les perspectives les plus cavalières le perturbent et le touchent au delà du sens commun. Comme au grand jour d'une prophétie qui se foutait pas mal de notre petit soleil, et promettait à Abraham une descendance aussi nombreuse que les étoiles.

De là à déduire que les astrophysiciens seraient les descendants prophétiques de leur propre cause, il n'y a qu'un pas de géant en état d'apesanteur. . La prophétie s'est ainsi réalisée, et elle se vérifie chaque fois qu'un être humain s'échine à se représenter le mouvement perpétuel. Même les plus grands peintres s'y sont essayé, tâchant de se représenter la perpétuité de ce mouvement en recourant à quelques illusions d'optique. Et là encore, la perspective cavalière devint une technique bien pragmatique, pour contrecarrer les limites du tableau. Heureux peintre, ton angoisse de la toile blanche revient à la genèse de ta bonne étoile. Celle dont tu t'aveugles pour la recréer toute en couleur. Ta religion est celle du travail hebdomadaire et bien fait, exception faite le jour du Seigneur, bien que tout compte fait...

Tout compte fait, Nicolas Sarkozy a peut-être ses raisons, lui qui après s'être rendu à Rome pour rencontrer le Pape, a invité le Très Saint Père en France pour un long week end oecuménique. Mais rien n'y fait. Chassez le naturel, comme on dit, et il revient au galop des perspectives les plus cavalières. Tant et si bien qu'en dépit de sa religiosité, Monsieur Sarkozy reste politiquement laïc. Et en ces temps de crise financière, notre président qui veut combattre la récession, souhaite pour cette raison en recourir à la banalisation du travail le "septième jour", le vendredi pour les musulmans, le samedi pour les juifs, et pour en finir avec le dimanche, pourvu que la grand messe du mercantilisme nous sauve. Moi qui était plutôt pour la semaine des quatre jours, j'aurais préféré me convertir aux trois religions monothéistes. Comme ça j'aurais eu trois jours par semaine pour faire mes courses, de quoi largement dépenser toute ma paye.

Alors pour en finir, finissons en avec Calvin, homme d'Église et philosophe, selon lequel les riches n'ont pas besoin de bosser le dimanche car ils sont riches par la grâce de Dieu. Ils auront donc tout le loisir de se rendre à l'église et de gober l'hostie en toute bonne conscience. Et il leur restera encore l'après midi du septième jour pour aller communier dans les saint rayons du supermarché le plus proche. Quant aux autres, fini le week end, et louée soit, semaine après semaine, la traduction française d'une condamnation à la perpétuité : week and week and week and week...

                                                              
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