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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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contre tous les empires (2)

ondes.jpg 

Ami lecteur bonjour. Contre tous les empires poursuit sa remise en forme sous tes yeux, qui l'aident à trouver ses repères, où à multiplier ceux qu'il avait jusqu'alors.

A partir de sa nouvelle introduction datée du mois de septembre, le décors de ce bouquin en cours est planté, même s'il peut paraître inconvenant d'affermir le néant sur un support quelconque, au sens positif du terme. En ce sens pourtant, le néant complètement incolore, et parce que tel est son statut, se détermine à foncer. Il va alors de soi qu'à cette vitesse incontinente, le monde concret y prend quelques couleurs. Il se parerait même de toutes les teintes sans en louper aucune, et s'ornerait sans discontinuer de toutes les vibrations visibles à l'oeil nu, bien que si ce monde concret en était resté à ce stade de la manifestation exclusivement visuelle, il serait difficile de s'y entendre, ça va sans dire. Mais le sceptre des couleurs n'est pas tout seul. Fort heureusement pour lui, et pour nous, ce sceptre qui dégrade la lumière a pour compagnes de route les ondes sonores, dites sonores en partie parce qu'on ne les voit pas, et encore plus parce qu'elles sont audibles. Reste que tout ceci et tout ce qui s'ensuit étant de l'ordre des vibrations, le monde concret a fini de transparaître, et avec plus d'une corde à son instrument il ne nous joue pas que de la musique.

Le monde concret est donc celui de la communication tous azimuts, et cet empire des sens, logé à la même enseigne que les vibrations qu'il peut émettre, a pour gîte gigantesque le néant, nécessairement dépourvu de toute limite. Même que dans le cadre, si l'on peut dire, ou en l'absence de cadre, le néant pousse la perfection de la liberté jusqu'à l'emprisonner. Une prison par ailleurs hors normes, éprouvée et dépourvue d'un seuil, ne serait-ce qu'un seul, mais que le néant n'a jamais eu, et qu'il n'aura jamais afin que tout ce qui s'y précipite jouisse de cette chute sans en connaître la fin, ni la douleur improbable d'un commencement. De la sorte, et sans commune mesure, le néant est éternel, il est assimilable à l'éternel au délà de toute croyance et de toute mythologie, et si "la lumière fût", elle fuse comme autant d'autres ondes qui ne souffrent pas l'idée d'un commencement ou d'un point de chute ultime.

A cette condition, s'entendre dire et redire que "la nature a horreur du vide" pourrait nous rassurer, tant qu'à se le répéter les perroquets sont de gentils complices, mais cette affirmation est fausse, mais il s'agit d'une ineptie et le seul service qu'elle puisse nous rendre, c'est d'être perceptible, soit audible soit lisible, comme nous l'accorde la sagesse populaire à travers ça : " mieux vaux entendre ça que d'être sourd". Au moins ça...

Ce qui devrait pourtant nous sembler plus qu'étrange, et nous rassurer par dessus tout, c'est cette nature, notre nature, qui n'a pas tant horreur du vide que ça, en tout cas pas au point de courir le risque de s'en priver, tant elle y trouve le lieu, le lien interminable de sa croissance, tant elle y recycle à l'infini ses décors, en couleurs, en odeurs, en hauteur, en bassesses aussi parfois... Cette nature universelle, cette énergie de l'espoir et celle du désespoir ayant pour tronc commun l'impalpable néant d'un sevrage permanent, d'un manque nécessairement permanent. 

                                                                                          Rubrique 1 texte 1

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