Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles
Par jean-louis
Le vide me rappelle ce qu'il sera et ne pourra cesser
d'être. Une étendue infinie qui contient tout entre l'absence de ses bords.
Absolu libératoire, traversé par les corps, le vide en limite peut-être la quantité, mais il leur dicte à tous sa symphonie inachevée.
Les corps tombent grâce à lui, ils s'usent et se transforment, et chacune de leurs métamorphoses étalonne le temps. La plus petite unité de Chronos, et aussi la plus grande, sont intimement liés à l'observation d'un changement. A ce sujet, la mémoire n'échappe pas à cette aptitude universelle, selon laquelle la chute s'envisage sous l' aspect d'une ascendance, dans la mesure où étalonner le temps revient à rythmer le passé en le pointillant d'événements éphémères et successifs.
Mais déjà, déjà ce vide généalogique efface le présent, le fugitif instant, cette infime parcelle d'inusable néant, insoumis aux effets érosifs du temps.
Ainsi vient se poser la question théologique de la grâce : grâce au vide (mais le profane dira à cause du vide), grâce à lui cependant, la matière est mouvement, et le mouvement
est prière au néant de ne jamais s'arrêter.
Rubrique 1, texte 3
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