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Une philosophie du juste milieu, synthèse des premières lueurs métaphysiques et du déclin de ces jours-ci, y a que ça de vrai, les pieds sur une terre en pente et la tête dans les étoiles

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Bûche !

A l'entame de cette rubrique 6, une petite citation : "on dit toujours plus que ça". J'en ai lu de bien meilleures que celle-ci, dont André Gide est l'auteur. Mais la force inconsciente que cette citation insinue, cette force intérieure qui est la raison de nos rêves les plus fous, rappelle à quel point l'incohérence de notre univers onirique corrige la logique trop convenue de nos réflexions diurnes. On dit toujours plus que ce qu'il est facile de comprendre, notamment une fois installé confortablement dans les bras de Morphée . Et avant qu'une citation émerge de son sommeil, elle doit fonder sa réputation sur l'effet de surprise, comme si l'alarme du réveille-matin la faisait revenir à nous lui disant ça : "tu ne crois pas si bien dire".

Quand les propos des interlocuteurs font d'eux des homologues, des gens d'accord entre eux ou qui ne le sont pas, ou qui croient l'être alors que loin s'en faut, le motif conscient de leur dialogue répond à un besoin qui les dépasse, et dépasse la durée de leurs paroles.

On dit toujours plus que blablabla, parce que les convictions trépassent. Mais le besoin d'en avoir reste éternellement en phase avec la chute libre qui nous anime. Il fallait s'en douter ; j'y arrive. Depuis que CONTRE TOUS LES EMPIRES poursuit sa remise en forme, priorité à ça, à l'inconscience présumée du vide le plus total, à l'association d'idées sans limite qui submerge le dormeur quand la sonnerie du réveil vient le gêner à l'usage de la raison.

Ce vide hors limite, auquel les uns sont attachés par une grasse matinée aussi interminable que possible, les autres par une crise mystique qui les prend à la descente du lit, ce vide m'oblige à rejoindre un cap, et à le dépasser. Non pas un petit cap. C'est un cosmodrome qu'il me faut, Canaveral ou Baïkonour, un cap d'où les mots s'arracheront à la pesanteur du discours, afin de dire, (plus que ça), l'alpha et l'oméga d'un éternel recommencement.

Ce voyage sans début ni but, que l'inconscient se propose dans sa propre dimension sidérale, est bien sûr sans retour. Voici donc l'arbre de la Connaissance, ainsi propulsé vers son état d'apesanteur originelle. Il développe son beau ramage scientifique en direction de l'infini létal. Est-ce à dire que dès cet instant, n'ayant plus à subordonner son image au rythme d'une croissance de bas en haut, cet arbre de la Connaissance peut perdre toutes les apparences d'un arbre ? Affirmatif. Car comparer ce qui est comparable au delà des apparences est un acte de déracinement. Non pas que cet arbre en s'éloignant de sa forme initiale en oublie son identité, ni sa raison d'être le tronc commun et les branches généalogiques de la Science. Bien au contraire. La sève qui propulsait l'arbre de l'intérieur quand il était enraciné, et qui lui permettait d'atteindre toujours plus haut sa cime, dénotait déjà la volonté d'investir autant d'espace que possible. Et en ce sens, la nature n'a pas horreur du vide, elle y tombe sans arrêt, repoussant toujours plus loin les limites de son éclosion futuriste.

L'espace qu'un bourgeon vient occuper à lui seul doit être assimilé à la chute de tous les corps. Et c'est investi de cette fonction universelle que l'arbre de la connaissance ne s'appartient plus. Il ne se reconnaît même plus.             


                

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